dans le commandement de l’armee, eutordre de faire ä Cliarette quelques ou-verlures. Celui-ci les re$ut avec dödaindans les premiers momens, et exigea,pour rondition, sine qud non , de toutenegociation, le retablissement du trönedes Bourbons. Gependant une plusmüre reflexion amena ce chef habile äouvrir les negociations sur des basesadmissibles par le gouvernement repu-blicain.
Le Comite de salut public conduisitla negociation avec une grandehabilete;il ne perdit pas de vue un instant qu’iltraitait avec des rebelles ä son autorite,et qu’il fallait, avant tout, leur faireposer les armes: il ecouta la questiondu retour des princes, de la rentree desemigres, de la remise immediate ä l’ar-mde vendeenne du Dauphin et de Ma-dame ; de la reconnaissance, commereligion dominante, de la religion ca-tholique, apostoliquc- et romaine. Sesplenipotentiaircs discuterent toutes cesprbtentions, saus en rejeler aucune deprimc-abord ; mais ils les ajournerenttoutes, sous le motif, si evident, qu’ilfallait du temps pour amener les es-prits au passage de la republique ä laroyaule; enfin ils y mirent tant d’a-dresse, qu’ils amenerent Cliarette ä si-gner, le 15 fövrier, untraite par lequelil dcclarait que les Vcndeens se soumet-laient aux lois de la republique. Geltescule disposition annulait toutes lesautres qu’on avait ä dessein stipuleesdans des articles secrets. Le gouverne-ment cut soin d’accompagner la nego-ciation de temoignages de sa munifi-cence et de sa bonne foi. Les bonsroyaux emis par les generaux vendeensfurent acquittes jusqu’ä concurrencede 1,500.000 fr.; des indemnites furentallouecs aux communes; des instru-mens aratoires leur lurent dölivres avecprofusiou; le sequestre fut levq sur
toutes les proprietds des Vendeens;l’amnistie fut generale et complete. Ladesertion se mit aussilöt dans les rangsde Slofllet, qui temoignait hautementson indignation de la paix, et s’etaitrefuse ä signer l’acte de pacification.Ses principaux officiers le quitterent etreconnurent le traite. 11 alla jusqu’ä cnarröterun et le faire füsilier. II investitle quartier-general de Sapinenu, dansl’espoir de lui fairesubir lemOme sort;Sapineau, prevenu ä temps, se sauva ;mais son chäteau fut livre au pillage.
La proclamation de la Convention ,qui apprit ä la France la pacificationde la Yendee, parla aussi de la rebel-lion de Slofllet, et le ddvoua ä la vin-dicte publique.
Cependant Cliarette, enivre des hon-neurs que lui rendaient les represen-tans, avait donne töte baissec dans lcpiege de cctte pacification, et ne re-sista pas ä la vanite de se montrer auxhabitans de Nantes , a la tele de sonetat-major. Le jour fut fixe pour sareceplion par les generaux republi-cains, qui etalerent dans cctte especede edremonie un luxe humiliant pourla pauvrete de l’^tat-major vendeen.Les representans donnerent ä Cha-rette un dincr splendide et le com-blerent d’egards. Il etait loin de pre-voir que cette grande ville, dont lesautorites et les habitans l’accueillaientavec tant de faveur, et' peut-ötre aveccette sorte d’enlhousiasme qui appar-tient au caractere franpais, verrait,peu de mois apres, tomber sa töte avecla plus grande indifference. La partieetait trop forte pour Charette et sesconseils. Les chefs accuses ou convain-cus d’avoir recu de grosses sommes dela repubiique furent meprises des pay-sans. 11 n’y eut plus qu’intrigues etdesunion, defiance et trahisons.Cependant les representans pacifica*