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L’EMPIRE.
s’il restait dans la position oü il etaitle 13.
Le prince de Ponte-Corvo fut destineä deboucher de Dornbourg pour tom-ber sur los derrieres de l’cnnemi, soitqu’il sc portät en force sur Naum-bourg , soit qu’il se dirigeitt sur lena.
La nuit qui preceda Ia bataillc, Na-poleon bivouaqua sur leplateau d’lena,au milieu de ses braves. Pendant toutola nuit, il fit travaillcr ä un cbeinindans le roc pour transporter aisementrartillerie sur la hauteur; et il v reus-sit, malgre des obstaclcs qu’au prc-mier coup-d’oeil on aurait juges insur-montables. 11 fit pratiquer aussi desdebouches dans la ville et dans los val-lees voisines, pour faciliter le deploie-nient des troupes qui n’avaient pu etreplacees sur le plateau. C’etait la pre-miere fois qu’une armee devait passerau travers d’un si petit debouche.
Le spectacle que les deux arniecs of-frirejit pendant cetlc nuit etait rcmar-quable. L’une deployait son front sursix lieues d’etenduo et embrasait l’at-mosphere de ses feux. Les bivouacs ap-parents de l’autre etaient concentressur un seul point.
On dtait ;\ la petite portee de canon.Les sentinelles se touchaient presque ;et il ne se faisait pas un mouvernent quine füt cntendu. L’activite qui regnatoute la nuit dans l’une et l’autre ar-mee etait l’annonce d’un grandjour.Mais , selon tout(i apparenoe , dies at-tendaient l’evenement avec un espoiret des sentiments bien opposes. Cejourarrive enfin. Aussitöt qu’il paralt, l’ar-mee prend les armes.
L’Empereur passe devant plusieurslignes; il rccornmande aux soldats dese tenir en garde contre cettc cavalerieprussiennc qu’on peignait comme re-doutable; il les fait ressouvenir qu’il yavait un an, ä la mdme epoque , ils
avaient pris Ulm; que l’armde prus-sienne, comme l’armee autrichienneetait cernee, avait perdu sa ligne d’opß'rations, ses magasins; qu’cllene se bat'tait plus dans ce rnoment pour sa gloire,mais pour sa retraitc ; qu’elle voulaitse faire une trouee dans quelque point,mais que les corps d’armec qui la lais-seraient passer scraient pcrdus d’hon-neur et de reputation.... A cc discoursles soldats repondent par les cris demarchons ! L’Einpereurdonne le signal:toute l’armee s’ebraide. Les tirailleursengagent l’action. La fusillade devientvive , presqu’aussitöt qu’elle a coui'menee.
A la pointc du jour, le marechal ducde Dantzig avait fait ranger la gardeimperiale en bataillon carre au somrnetdu plateau d’Jena. A droitc du plateauetait la division du comte Suchet; 11gauebe, edle du comte Gazan; cha-cun de ces corps avait ses canons dan sles intervallcs.
Precedees de leurs tirailleurs, le sdeux divisions du dnquieme corps seportont en avant; celle du comte Suchetse dirige sur Closwitz; celle du conit®Gazan marebe, partie sur Cospoda, pai"tie sur la route de Wcymar. L’enned 1defend vi vement la position du Schnecke-Ccpendant il en est debusque; et 1®cinquieme corps, debouchant dans 1®plaine, commenee ii sc deployer. Dai> scette manrnuvre, les öi ,! et 88° de ligb®s’approcbent du village de Lutzerode»defendu par un regimont ennemi. C cvillage est onlcvö, presqu’en meib®temps qu’il cst attaque; quelques cofl 1 'pagnies du 21° d’infanterie higere s’eh'gagent sur la route de Wcymar, jusqu 9lloblstadt. Par ce mouvernent rapid®»le gros du centre de l’armee ennen"®place ä Tsserstadt, voit dejii sa droite etsa gauebe menacees.
11 etait dix heures du matin.