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L' Amérique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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26 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

Lamorce. Au mois de janvier commencent les armementspour la pèche de la morue : les navires des bancs portant leurpersonnel de pêcheurs, les bancquiers, partent principalementdes ports de Saint-Brieuc , Saint-Malo , Saint-Servan, Granville ,Dieppe et Fécamp * *, dans les premiers jours de mars. Chacunjauge de 100 à 200 tonnes et embarque de vingt à trente ma-telots, sans compter les hommes de peine qui sengagentpour la saison de la pèche. Le gouvernement encourage lesarmateurs par des primes. Les bancquiers sont réunis sur larade de Saint-Pierre, vers le 20 avril, et cest alors que lesAnglais de la côte méridionale de Terre-Neuve viennent leurvendre lappât de la première pèche. La morue se prend à laligne; on amorce, suivant lasaison, avec du hareng, du capelanou de Y encornet. Le hareng est péché à la seine au printemps;le capelan, petit poisson sans vigueur, moins gros que la sar-dine, vient échouer sur les grèves, on le ramasse en juin ;lencornet, semblable à la seiche de nos pays, se prend au moisdaoût avec une ligne armée de plusieurs hameçons réunis enfaisceaux et peints en rouge; on la nomme turlutte. Toutes cesamorces pour la pêche de la morue prennent le nom de boitte;or comme la boitte est fournie par les Anglais de Terre-Neuve ,le succès de la campagne est entre leurs mains.

appelée le rivage français . Cette importante concession aura sans doute pourrésultat le règlement des droits de pèche français . Jusquà présent le gouver-nement britannique navait pas osé nous permettre de nommer des magistratsdans cette section de lile, de peur dune opposition des Français . Mais laug-mentation de la population anglaise dans cette section a eu raison des hési-tations de notre gouvernement qui ne pouvait laisser 10,000 de ses sujets sansprotection pour leurs biens et leurs personnes, sans routes et sans écoles.

* Des douaniers anglais seront prochainement installés sur ce même terri-toire, et les impôts quils percevront seront appliqués à la colonisation. On feraaussi des concessions de terres aux Anglais , et lon multipliera les relationspostales. On peut dire que nous avons pris virtuellement possession de tamoitié de Vile dont les Français persistaient à revendiquer la propriété, et cestjustement la meilleure moitié; elle abonde en excellentes terres arables, enbelles forêts et en richesses minières. Ses pêcheries de hareng et de moruesont sans rivales. Ce sera par la suite la portion la plus peuplée et la plusprospère de l'ile, et on a peine à concevoir que nous ayons perdu un demi-siècle en négociations diplomatiques inutiles pour nous efforcer de démontreraux Français que nous étions les légitimes propriétaires de leur territoire. »i. Jusquau dix-septième siècle, le premier rang pour la pêche appartenaitaux Basques; ce fut à leur école que les Anglais et les Hollandais sinstrui-sirent. Dans ce temps Saint-Jean de Luz était une cité florissante. Mais en 1675,dans un jour de tempête, la mer brisa les rochers qui défendaient l'entrée deson port et l'envasa. Le port fut comblé, les armateurs sétablirent à Bayonne, *qui recueillit en partie lhéritage de Saint Jean de Luz . De nos jours, les marinsbretons ont supplanté les Basques.