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Les bancs. — La flottille s’étant approvisionnée de boitte vase mettre en pêche sur les bancs. Les bancs sont un plateausous-marin long de 900 kilom., large de 300 a 400, couvert de30 à 100 mètres d’eau : sur ces hauts fonds, tapissés d’herbesmarines, la morue s’est donné rendez-vous. Au nord se grou-pent le Grand-Banc, le Banc à-Vert et le Banc de Saint-Pierre;à l’ouest, ceux de Misaine, d’Artimon, de l’Ile-de-Sable, duCanseau, le Banquereau et leMiddle-Ground. M. le vice-amiralCloué explique ainsi l’origine de ces plateaux océaniques :
« C’est en grande partie au Gulf-stream qu’il faut attribuer» la formation de ces bancs. On sait que ce fleuve d’eau chaude,» qui remonte l’Atlantique septentrional en suivant à peu près» un arc de grand cercle, tourne à l’est en arrivant aux bancs» de Terre-Neuve ; c’est là qu’il rencontre le courant froid qui» descend de la mer de Bafiîn, le long des côtes du Labrador» et de Terre-Neuve . Le changement de direction du Gulf-» stream n’est pas la seule conséquence du choc de ces deux» masses d’eau : le courant qui arrive du nord entraîne, pen-» dant une bonne partie de l’année, un très grand nombre de» ces immenses montagnes de glace ( icebergs ) arrachées à la» zone arctique; au contact des eaux chaudes du Gulf-stream,» ces montagnes de glace se fondent et opèrent ainsi, depuis plus» de cinq mille ans, le dépôt des pierres et de toutes les ma-» tières solides qu’elles renferment et charrient depuis qu’elles» ont quitté les continents polaires. En même temps, le Gulf-» stream apporte aux eaux tropicales son tribut d’innombrables» animaux marins que la mort saisit au contact des eaux» froides, dont les coquilles et les débris s’amoncellent sans» cesse et finissent, avec l’aide des siècles, par combler les» abimes de la mer. »
Vice-amiral Cloué,
La pêche. — La morue arrêtée dans ses migrations par lesbancs, s’y multiplie et s’y nourrit de ces myriades d’animal-cules ou infusoires que les eaux tièdes du Gulf-stream ontramenés à la vie. Quand les bateaux ont choisi leur place, ilslaissent tomber l’ancre et débarquent leurs chaloupes.
« Dès lors commence pour les équipages une vie derudes labeurs ett de dangers presque incessants. Tous lesjours, vers quatre heures de l’après-midi, les lignes de