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L' Amérique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

TROISIÈME PARTIE : ALASKA

I. GÉOGRAPHIE PHYSIQUE.

LAlaska a pour limites au nord locéan Glacial, à l'ouest locéan Paci­ fique , au sud et à lest la Colombie britannique et le territoire de lanciemteCompagnie de la baie dHudson . Les îles Aléoutiennes font partie decetim-tnense territoire dune superficie de 1509 000 kilom. car., trois fois grandcomme la France .

La côte est fort découpée, bordée de rochers et d'îles dans toute soaétendue, marquée par des golfes profonds (Bristol, Norton, Kolztbue),que séparent des presquîles, dont la principale, Alaska , a donné sonnom au pays. Ce qui fait la sécurité du littoral et peut-être son avenir,cest quil'est comme bordé par une chaîne diles qui forment deshavres excellents et sûrs. En face de la presquïle dAlaska , et lui servanten quelque sorte de prolongement, sélèvent les 56 Aléoutiennes , qui sedivisent en 4 groupes, 4 Aléoutes, 3 îles des Rats, 14 iks dAnirémfi,35 lies des Renards. N'oublions pas le petit archipel, récemment visitéen 1872 par un de nos compatriotes, M. Pinard, qui lui a donné le nondarchipel Thiers .

On distingue deux chaînes de montagnes :

1° les Montagnes Rocheuses , qui ne sétendent pas jusqu'à la mer Po-laire, ainsi que lindiquent les atlas, mais au 64 e parallèle, tournent àl'ouest et se confondent avec les chaînons côtiers qui finissent à la pres-quîle» d'Alaska . Le pic le plus remarquable est le Saint-Elias (4554 m.).M. Pinard a visité et décrit dans la presqu'île dAlaska toute nue train»de volcans en activité.

Une seconde chaîne, sur la côte de locéan Glacial, étend sa masseabrupte et ses puissants contreforts sous le nom de monts Romanzor.Les pics de cette chaîne, couverts de neiges éternelles, servent de poinlsde reconnaissance aux baleiniers qui doublent la pointe Barrow.

Les principaux fleuves sont le Kuskokoîn, le Katkoap, le Colville,lUmiata/i et surtout le Youkon 1 . Ce dernier, reconnu en grandepartie par Whymper et Dal, chargés par le gouverneur américain dunemission officielle, est formé de deux branches supérieures issues dedeux lacs voisins lun de lautre ; il se jette dan s la mer de Behring par undelta de cinq bouches, large de 20 lieues; il est long de 3 600 kilom., plusgrand que le Danube , deux fois comme le Rhin ; il a des lies de 20 ki-lom. de long; il est large de 1600 à 2 400 kilom., navigable pendant3 000 kilom, au milieu des bois. 11 est pris sept à huit mois par les glaces.

1. Plusieurs affluents du Youkon , comme la Porcupine, égalent en grandeur lesplus beaux fleuves dEurope . A Noulato, à 200 lieues de son embouchure, le Youkon a près d'une demi-lieue d'une rive à lautre ; son lit est souvent parsemé diles; seseaux gelées huit mois par an, sous une température qui sabaisse parfois à 43,et la violence des débâcles rendent la navigation tantôt impossible et tantôtpérilleuse. Limposante immensité du fleuve de iAlaska a excité ladmirationde tous les explorateurs qui lont vu ; et M. Whymper. dans ses intéressantsrécits, justifie i orgueil naïf quil inspire aux indigènes de ses bords : * Nousne sommes pas des sauvages, disaient-ils fièrement à un interprète russe,nous sommes les Indiens de lYoukou. >