Son courant est rapide. Whyniper qui l’a remonté pendant 965 kilom. lecompare an Mississipi.
Le climat de l’Alaska est terrible. La température s’abaisse parfois à— 49°. L’été ne dure que trois à quatre mois. (Voir plus loin, page 40).
Le pays est loin d’être improductif et les Américains le connaissaientbien avant de l'acheter. On y pêche au large des eûtes les veaux et che-vaux marins, les loutres, et même les baleines. En 1870, on récoltait10 000 peaux de veaux marins, 1000 de loutres, 20 000 dents de che-vaux marins, l’ivoire fossile y abonde. Les rivières fournissent des sau-mons, des poissons blancs et noirs excellents. On chasse des renardsrouges, noirs et argentés, des loups, des ows blancs, des hermines, martreszibelines, castors, loutres de terre, des rennes et des élans, des lièvres.L’Alaska parait même riche en minerais. On a trouvé du charbon enmaint endroit, mais d’une qualité médiocre; de l’or à l’embouchure duYoukon , en petite quantité, dn cuivre et du fer dans les monts Romanzoxv,du rubis à l’ile Saint-Georges, de Yambre sur les côtes; l’intérieur estencore inconnu.
II. NOTIONS HISTORIQUES.
Lorsque, vers 1630, les Moscovites parvinrent sur les bords de l’océan Pacifique , on ignorait encore si l’Asie et l’Amérique étaient ou non réuniesvers le nord-ouest. Deux Cosaques, Djenef et Ankudinoff, chassant surles rives de la Kolyma, pénétrèrent les premiers dans le Grand-Océan aprèsavoir contourné les côtes de la mer Glaciale; mais leur découverte passainaperçue, et eux-mêmes n’eu soupçonnèrent pas l’importance. L’atten-tion de Pierre le Grand fut attirée sur ces lointaines contrées; parmiles étrangers qui furent pour lui de si précieux collaborateurs dans sonœuvre de réparation et de création, se trouvait le marin danois VitusBehring. Pierre venait de mourir quand l’impératrice Catherine lui confiala mission d’explorer les régions du Pacifique.Behring accompagné de sonlieutenant Tsehirikof explora la presqu’île de Kamtchatka et donna sonnom aux îles, au détroit et à la mer qui l’avoisinent.
Dans un second voyage (1739-1742), Behring, assisté d’un nombreuxétat-major de marins et de savants, visita l’intérieur du Kamtchatka ,aborda à la côte américaine, reconnut le mont Saint-Elias , et prit pos-session de la contrée au nom de la Russie . 11 y mourut des atteintes dufroid et du scorbut, et son équipage fut décimé. Behring fut enterré dansune des îles qui portent son nom. Deux de ses-compagnons, le méde-cin, allemand Steller, le naturaliste français Delisle de la Croyère ontlaissé un récit de cette expédition. En 1779, le capitaine anglais Cookfut arrêté dans te détroit par les glaces. En 1803, le russe Kiusensierny chercha sans succès une voie commerciale de navigation pour l’échangedes pelleteries. La Compagnie russe formée en 1799 pour le trafic desfourrures, et dirigée au début par l’intrépide négociant sibérien Baranoff,eut grand’peine à défendre ses comptoirs contre les attaques des Indiens.
Bientôt néanmoins, en étendant leurs opérations à l’est, les Russes finirent par rencontrer les Anglais de la Compagnie d'Hudson. Pour cou-per court aux conflits, le gouvernement de Saint-Pétersbourg conclut en1824 et 1825 deux traités de limites avec le cabinet de Saint-James etavec celui de Washington . Par Je premier de ces traités, il s'engageaità ne pas s’avancer à plus de 10 lieues dans l’intérieur des terres; par lesecond à ne pas dépasserai! sud la latitude de 54° 40’. — Lorsque éclata