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DOMINION 00 PUISSANCE DU CANADA.
asiatique. Les territoires du nord-ouest étaient inconnus; seuls,quelques traitants en fourrures, et le missionnaire Mesnard,mort sans laisser de traces, avaient dépassé les rives du lac Supérieur . La compagnie do la baie d’Hudson, fondée en 1670par le prince Rupert, cousin de Charles II , avec le privilège dela traite des fourrures sur les côtes de la baie, n’étendait pasencore ses opérations dans l’intérieur. Varenne de la Verandrye,accompagné de ses quatre fils, de son neveu, d’un mission-naire, le P. Messager, et d’une poignée d’hommes, pénétradans le bassin du lac Winipeg , explora la Rivière-Rouge etl’Assiniboine, et ne revint, au bout de quatre ans, qu’aprèsavoir épuisé ses dernières ressources. Tandis qu’il attendait,dans la région du - lac des Bois, les approvisionnements de-mandés au Canada (1736), un de ses fils et vingt de ses com-pagnons furent massacrés par les Sioux ; son neveu mourut.La Verandrye, ayant enfin reçu des secours, se remit en marchevers l’ouest. Il remonta la Saskatehavvan, traversa le Missouri supérieur et ses affluents, et, le premier parmi les blancs,escalada les sommets de la première chaîne des Montagnes- Rocheuses ; c’était en 1743. Mais l’indomptable énergie desexplorateurs se brisa contre cette barrière de rochers, de glaceset de précipices ; après une absence de quatorze ans passés àbOO lieues de nos établissements, en plein pays indien, au milieude contrées sauvages, ilsrentrèrent auCanada, écrasés de dettes,dénués de tout (174b). A force de réclamations, laGalisson-nière obtint enfin pour le père la croix de l’ordre de Saint-Louis,et le ministre de la marine, Maurepas, l’autorisa à entre-prendre de nouvelles explorations. IL se disposait à repartirquand la mort le surprit. Le successeur de la Galissonnière,la Jonquiére, dépouilla les fils de l’héritage qu’ils avaient con-quis au prix de leur sang, et livra l’entreprise, dans un but detrafic cupide, à des favoris qui la perdirent. Les navigateursrusses, conduits par Behring, eurent l’honneur de résoudre leproblème de la séparation des continents ; plus tard les Anglais conquirent et colonisèrent le littoral du Pacifique ; et l’itinérairede la Verandrye ne servit qu’à enrichir les traitants et les cou-reurs des bois ; le nom même de cet intrépide explorateur, undes plus grands de l’histoire coloniale de l’Amérique , est in-connu du plus grand nombre 1 .