74 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE,
est impossible d’aller les couper pour en faire des barrières.Au point de Yue géologique, les changements, sans êtreaussi frappants, sont néanmoins considérables. Au Niagara,l’eau agit comme le marteau du démolisseur ; elle frappebrutalement, ou s’appuie comme un levier à force irrésis-tible, et précipite dans le gouffre les roches par blocsénormes. J’ai été très frappé des changements arrivés à lagrande chute de droite, qui est connue sous les noms deCataracte canadienne ou du Fer à cheval (Horse Shoe fall).La forme de fer à cheval s’est modifiée profondément ens’enfonçant et s’ébréchant fortement vers le milieu. La cé-lèbre table de roches a presque entièrement disparu... Latour, connue sous le nom de Terrapine, s’est rapprochée dela chute, et plusieurs des gros blocs qui se trouvaient enavant de cette tour ont disparu, emportés dans le gouffre...
» Le fleuve Niagara se divise en trois parties complè-tement distinctes. Du lac Érié aux cataractes, le fleuve estlarge et coule à pleins bords, au milieu de vastes plaines.Il est parsemé de belles, nombreuses et grandes îles, etpartout les plus gros bateaux à vapeur peuvent circulersans difficulté. Des cataractes à Lewiston , le fleuve se con-tracte ; des murs gigantesques de 200 à 250 pieds de hau-teur le resserrent et l’obligent de couler comme s’il traver-sait les portes d’un canal, avec une différence de niveau de100 pieds entre la partie inférieure des chutes et Lewiston .La largeur de cette vallée d’érosion, creusée entièrementpar le fleuve, varie entre 800 et 1200 pieds. Cette espècede canal ou canon du fleuve atteint sa plus grande largeurvis-à-vis de l’hôtel de Clifton, et il va en se rétrécissant versle célèbre pont suspendu, où il a 800 pieds de l’un à l’autrebord du précipice... La troisième partie de la rivière Niagaras’étend de Lewiston au lac Ontario , et elle est navigable;elle ne coule pas à pleins bords cependant, étant resserréeentre des collines qui la dominent de 20 à 80 pieds, et enmôme temps il y a des bouillonnements et des contre-courants... Il est une force qui peut déjouer tous les cal-culs de rétrogradation des cataractes du Niagara et lesamener à une stagnation presque absolue ; c’est la pro-
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