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DOMINION OU PUISSANCE DD CANADA. 81
« La cité de Champlain, l’antique capitale de la « Nouvelle-France, » aujourd’hui chef-lieu delà « province de Québec , »est comme la ville de l’Écriture « située sur une haute mon-tagne et qui ne peut se cacher aux yeux. » Elle domine fiè-rement le Saint-Laurent, à l’endroit où le fleuve commenceà resserrer son lit immense. Sa citadelle, garnie de canonsqui se rouillent sur leurs affûts, était occupée, il y a quelquesannées, par une garnison anglaise, placée là comme dansune sorte de Gibraltar et chargée de défendre la dominationde la métropole. Mais, depuis que l’Angleterre a pris le sageparti de laisser le Canada , et même le Canada français,s’administrer à sa guise, les « habits rouges » ont disparu,et l’élément militaire n’est plus représenté, dans toute laprovince, que par de braves et inoffensives milices localesqui rappellent, par plus d’un trait, notre ancienne gardenationale.
» Bâtie sur une montagne aux pentes abruptes, Québec tire de cette circonstance et de l’antiquité relative de plu-sieurs de ses quartiers un air d’originalité qui manque à laplupart des villes américaines. Rues étroites, bordées detrottoirs en planches, souvent coupées par des escaliers ;enseignes se balançant au bout d’une tringle de fer commedans nos petites villes de Normandie ; maisons basses etpresque toutes construites en bois, ce qui explique la fré-quence des incendies qui ont souvent dévçtré les quartiersles plus populeux, tout contribue à donner à Québec unephysionomie particulièrement rare en Amérique , où lesvilles, alignées au cordeau et coupées à angle droit, sem-blent toutes découpées sur le meme damier.
» Québec possède plusieurs promenades, très fréquentéespendant la belle saison : « la Plateforme, » l’Esplanade,le Jardin du Gouverneur, d’où l’œil embrasse, à perte de vue,l’immense plaine du Saint-Laurent. Au centre d’un square ,