112 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE,sans avoir à sa disposition ni soldats, ni police régulière,sut conserver un ordre et une sécurité qui contrastèrent biensingulièrement avec ce qui s’était passé dans de pareillescirconstances à San-Francisco et à Sacramento . En 1863,Victoria avait un grand air de prospérité et se pouvait déjàvanter de plusieurs rues.
« Tout le trafic de la Colombie britannique passant, àl’entrée et à la sortie, par Victoria, ses marchands se sontrapidement enrichis et de beaux magasins en briques ontremplacé bien vite les anciens bâtiments en bois. »
Y te Milton et Cheadle,
Voyage de VAtlantique au Pacifique, trad. par M. Belin
de Launay.
« De la rivière Souk, nous nous rendîmes à Nanaimo ,bourgade que vingt-quatre lieues séparent de Victoria, etqui doit principalement son existence à ses précieusesmines de houille. Elle est blottie au fond d’une baie pit-toresque que protège une série d’îles, et dont la profondeursuffit pour les navires d’un fort tonnage. Cette petite ville,la seconde de Vancouver (l’île n’en possède que deux),exporte du charbon de terre à San-Franciseo, à Victoriaet sur les rives du Fraser. La compagnie de la baie d’Hud-son, qui avait établi depuis de longues années un fort àNanaimo , a été la première à exploiter ce gisement. Elleemployait les Peaux-Rouges aux travaux d’extraction, etelle payait leurs services en nature, c’est-à-dire qu’elle leurdonnait une couverture par huit barils de minerai.
» La houille est incontestablement le produit le plus im-portant de l’île Vancouver, et les dépôts sont immenses.Après notre départ de Nanaimo , nous en découvrîmes sur lesbords d’un courant qui se jette dans la rivière Pountledgeune mine fort importante. La couche a de deux à huit piedsd’épaisseur. Tantôt elle affleure le sol, tantôt elle disparaitaux regards; d’après nos observations, elle s’étend sur unelongueur d’une demi-lieue au fond d’une gorge étroite. Elle