ÉTATS-UNIS DS L’AMÉRIQUE DU NORD.
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2° EXTRAITS ET ANALYSES
* ï<e Hississipi et le Missouri '.
(( Le Mississipi est par excellence l’artère fluviale del’Amérique du Nord et les contours de son bassin sonten parfaite harmonie avec les contours et le relief du con-tinent tout entier... Sa source est au lac Itasca, à 520 mètresd’altitude ; sa longueur a 5085 kilomètres ; il a -4 mètres delargeur à son origine, mais bientôt grossi des eaux dulac Sangsue , il traverse de vastes prairies, des rizièressauvages, des champs de joncs et d’iris, et par les rapidesde Peckagama et de Saint-Antoine, passe à travers d’im-menses forêts d’ormes, d’érables, de bouleaux, de chênes,dernière région où trouve encore un abri le buffle pour-chassé. Dans ces régions il reçoit de nombreuses rivièresqui le gi’ossissent tellement, que bien avant sa jonction avecle Missouri , il est aussi large qu’il le sera-de Saint-Louisjusqu’au golfe du Mexique .
» .A deux ou trois milles en aval de la charmante
ville d’Alton s’opère sa jonction avec son gigantesque rivalle Missouri .
» ! Le confluent offre un magnifique spectacle pendant la
1. Le Mississipi fut découvert vers 1520 par Ilernnndo de Solo qui s'étaitmis à la recherelufde l’Eldorado et de la fontaine de Jouvence. Les Espagnolseurent soin de cacher cette découverte, et en 1673, un Français , le F. Mar-quette, révéla de nouveau le secret du fleuve. Cavelicr de la Salle (1678-87) lesuivit jusqu’à ses embouchures et lui donna le nom de Colbert ; Chateaubriandl’appela Meschaeebe (père des fleuves); son vrai nom est celui qu’il porte,Missi Sepe, qui en langue algonquine a le sens de grand fleuve. — (V. sur cesujet les belles et patriotiques études de M. P. Margry ; — Paris , 3 vol., Mai-sonneuve.)
« Le Missouri est formé par la réunion de trois torrents, le Madison, le» Jefferson, le Gallatin. Dans sa partie supérieure, il traverse un terrain vol-» canique, fracturé par des tremblements de terre; presque partout il coule à» une grande profondeur dans un canon qu'il a creusé dans le roc vif. C’est» entre les derniers contreforts de la chaîne volcanique, dans une gorge sau-• vage appelée la porte des Rocheuses , que le Missouri a fait, pour s’ouvrir uneo issue, son travail géologique le plus grandiose. Sur une longueur de 9 kilo-» mètres, les rochers s’élèvent perpendiculairement du bord de la rivières jusqu'à une hauteur d’environ 400 mètres. Le lit du fleuve est tellement« encaissé entre ces sombres parois, qu’il a tout au plus toO mètres de large,» et de loin en loin seulement, on peut trouver entre la muraille do roc3 et le»- courant de l’eau un point d’appui assez large pour qu’un homme puisse s’j» tenir debout. » (Elisée Reclus , ihid)