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L' Amérique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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ÉTATS-UNIS DE LAMÉRIQUE DU NORD ,tumée couronnant les deux étages de cabines. De cetteterrasse, située à une quinzaine de mètres au-dessus dufleuve, on jouit, le soir, dune admirable vue sur les forêtsde lhorizon et sur les eaux du Mississipi, qui reflètentdans leur sein les nuages empourprés de loccident. Labeauté de la nature a néanmoins peu dattraits pour lesAméricains : aussi les repas sont-ils la grande occupationde la journée à bord des bateaux. A peine le gong a-t-ilrésonné pour convoquer au festin les deux ou trois centspassagers, que ceux-ci accourent comme des écoliers, at-tendent avec impatience que les dames soient assises,puis se ruent sur les plats, entassent devant eux les viandeset les pâtisseries et mettent la table complètement aupillage. Après le repas, les dames retournent dans leursalon réservé, tandis que le sexe fort se dirige vers la tablede jeu ou vers la buvette, et sinstalle dans la tabagiepour digérer péniblement. Quand les passagers blancs sesont levés de table, les officiers du navire viennent mangerà leur tour, puis les domestiques. Bientôt après sonnelheure dun nouveau repas ; le gong retentit une secondefois, et, comme sils étaient à jeun, les passagers blancsreviennent avec un appétit formidable se précipiter à lacurée. Cest ainsi que festins succèdent à festins, et lavaste table du bord est toujours servie.

» Parfois aussi un incendie vient animer cette vie mo-notone. Il estextrêmement rare quun bateau à vapeur chargéde coton ne prenne pas feu une ou plusieurs fois pendantson voyage de descente. Les balles sont empilées tout au-tour des cabines jusquau-dessus du Ilurricane-deck ; lesmachines et les chaudières elles-mêmes sont tellemententourées de balles que les chauffeurs ont à peine la placenécessaire pour se mouvoir, et quil ne reste plus quedeux ou trois pouces dintervalle entre le fer chauffé aurouge et la matière inflammable ; des jours ménagés entreles balles de distance en distance laissent échapper desbouffées dune intolérable chaleur. 11 suffit donc dune simpleétincelle pour causer un incendie prévu que des pompesdisposées davance aux endroits les plus dangereux doivent