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ÉTATS-UNIS DE L’AMÉRIQÜE DU NORD,des chocs ou des explosions. La durée moyenne d’un ba-teau à vapeur n’est que de cinq ans. »
Le Delta du Mississipi. — «Le nombre des bouches dudelta mississipien change, on le devine, de siècle en siècle.Outre le Mississipi proprement dit, les branches du deltasont aujourd’hui YAtchafalayah , le bayou Plaqueminc ,et le bayou Ijj fourche; les autres ont été supprimés parles atterrissements du fleuve ou par le travail de l’homme.Il y avait jadis un autre largo affluent, le bayou Jbervil/e,qui se déversait dans la mer par les lacs Maurepas etPontchartrain ; mais, de nos jours, ce canal est presqueoblitéré, et ne communique avec le lac Maurepas que
pendant la période d’inondation.Le delta mississipien
tout entier n’est qu’une immense cyprière 1 ; vu de haut,il apparaîtrait comme une mer d’arbres traversée par leslignes sinueuses du fleuve et de ses bras, et tachetée delacs marécageux remplis de joncs et de nénuphars.La cyprière ne s’étend pas au delà des limites du delta.
» La bête qui caractérise le mieux la série animale dela Louisiane , c’est le crocodile. Pendant les belles jour-nées d’été, quand un soleil implacable frappe sur la surfacetranquille des lacs, on voit des centaines de ces animauxétendus sur la surface de l’eau comme d’énormes troncsd’arbres rudement sculptés. D’autres dorment au milieudes joncs, à demi engloutis dans la vase, et, dès qu’ons’approche d’eux,'se précipitent brusquement vers l’eau,où ils tombent avec un lourd plongeon. Quand arrivent lespremiers froids, le crocodile s’enfouit dans la boue, et souscette tiède enveloppe dort son pesant sommeil d’hiver. Cetanimal est, on le sait, d’une voracité sans égale; la cer-velle, toute rudimentaire chez lui, ne peut se développersous les lourdes écailles de sa cuifasse ; tout queue pour
i. « Le cypro est un arbre droit, élancé, renflé à la base comme une bullu» d’oignon ; il s’appuie sur des contreforts durs et solides qui jaillissent du sommet» de la racine comme pour mieux s’ancrer dans le sol vaseux. Le sommet duj> cypre s’épanouit en petites branches couvertes d’un feuillage vert pâle. A ces» branches pendent les longues übres de la mousse appelée du nom caractéris-» tique de barbe espagnole; souvent les cyprès portent un si grand nombre de» ces longues chevelures grises, qu’ils prennent L’apparence ridicule de gigan-» tesques porte-perruques. » (E. Reclus , ibid.)