150 lectures et analyses de géographie.les conserver comme « pare national », et veiller à ce querien n’endommage les beautés naturelles de ce « parc. »Une commission spéciale, nommée par la législature cali-fornienne, exécute sévèrement cette sage loi.
» Le premier des arbres géants qui s’offrit à nos regardsétait un colosse étendu à terre. Au moyen d’une échelle,nous grimpâmes sur le tronc et nous nous promenâmes làcomme sur une route; ce tronc est assez large pour qu’unevoiture puisse circuler dessus. Cet arbre que l’on appelle leColosse, a, au-dessus de la racine, une épaisseur de 32 piedset une circonférence de 102. 11 ne reste du tronc qu’unelongueur de 130 pieds, l’écorce, qui a un pied et demid’épaisseur, a presque entièrement disparu. Le feu a détruitla partie du tronc qui manque ; mais on voit encore sur lesol le creux que l’arbre a fait en tombant. Quand il étaitdebout, cet arbre devait avoir environ 40 pieds d’épaisseur,120 de circonférence, et sa hauteur devait être de 400,c’est-à-dire 36 seulement de moins que la flèche de Stras bourg . On évalue l’âge de ce géant à trois mille quatre centsans. Ces chiffres paraissent tellement incroyables qu’onhésiteaies donner; mais ils sont très certains, puisqu’ils sontencore assez nettement attestés par les cercles de croissancede l’intérieur du tronc. Un autre arbre, mesuré par Agassiz 1 ,peut, selon lui, prétendre à mille huit cents ans. Les plusgros séquoias remontent très certainement au-delà de Jésus- Christ . Leur jeunesse date à peu près du temps de Moïse oudu temps où Salomon bâtit le temple de Jérusalem .
» On se trompe aisément dans l’appréciation de la hauteurde ces colosses, et l'erreur provient sans doute de l’énormedimension de leur circonférence. Pour se rendre biencompte de leurs proportions, il faut les comparer dans sonesprit à des édifices connus. Par exemple, à Mariposa, il y apar douzaine de ces arbres de 230 pieds, c’est-à-dire quidépassent la hauteur des clochers de cathédrale.
» ...Les rameaux des séquoias ne sont pas si beaux d’as-pect que ceux des autres conifères; ils ont quelque chose
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