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L' Amérique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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189
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ÉTATS-UNIS DU L'AMÉRIQUE DU NORD . 189

San-Francisco ; « tout le monde nous quitte, lecteurs etimprimeurs; force nous est de suspendre notre publi-cation. » Ce même dernier numéro annonçait pourtant enFrance la révolution de Février sous cette engageante ru-brique : guerre universelle ! Mais New-York lui-même eût-ilété bouleversé comme l’était Paris, que nul en Californie ne s’en fût préoccupé un instant. Cependant la magiquenouvelle avait promptement dépassé les limites de la contréepour se répandre dans le monde entier ; accueillie d’abordavec incrédulité, elle finit en peu de temps par-convaincrejusqu’aux plus sceptiques.

» L’année 1849 pour San-Francisco est restée misérableentre toutes. L’émigration, bornée d’abord aux riverains duPacifique, n’avait pas tardé à amener un premier contingentde quinze mille Mexicains, Péruviens et Cliiliens ; puis lesnavires d’Europe étaient arrivés à leur tour, le courant depassage s’était établi à travers l’isthme de Panama , et lechiffre dgs débarquements se trouvait, à la fin de l’année,porté à plus de quarante mille.

» C’était l’époque des salaires fabuleux; le simple ma-nœuvre gagnait un dollar (o fr. 30) l’heure, et n’en avaitpas qui voulait; l’ouvrier de profession faisait payer sajournée jusqu’à 20 dollars, et les charpentiers se mirenten grève plutôt que de voir leurs gains quotidiens descendreau dessous de 83 francs. Every boily mode moneij, s’écrieavec enthousiasme une curieuse chronique californienne ;« tout le monde faisait de l’argent, et chacun devenaitriche du jour au lendemain ».

» .... On conçoit qu’il fut assez difficile de pourvoir,en quelque sorte, d’un jour à l’autre, aux besoins de la po-pulation qui affluait ainsi de toutes parts. Lui bâtir desmaisons était matériellement impossible, alors que lamoindre construction, tant par le coût de la main-d’œuvreque par le prix des matériaux, revenait à un dollar labrique. Le bois au contraire ne revenait guère qu’à huitfrancs le mètre ; des hangars et des baraques s’élevèrentdonc en différents points, destinés à servir d’hôtels ou derestaurants, et en même temps la grande masse des nou-