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L' Amérique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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ÉTATS-UNIS DE L’AMÉRIQUE DU NORD . 109

chercher, elle semble aussi résister beaucoup mieux auxgelées que ses rivales.

» Le reisling, espèce beaucoup plus délicate que les pré-cédentes, ce qui a retardé jusqu’ici son développement. Ce-pendant les vins qu’elle fournit sont d’une qualité tellementsupérieure que leur prix se maintient toujours à des coursplus élevés que ceux d’autres provenances ; et, en dépit dessoins particuliers qu’elle exige, elle tend à se vulgariser deplus en plus dans la vallée de la Napa.

» Quoique la fabrication des vins en Californie n’ait qu’uneorigine toute récente, le rapide développement de cetteindustrie est bien de nature à faire présumer qu’elle ne tar-dera pas à constituer une redoutable concurrence pour nosvignobles, non pour ceux des premiers crus, mais pourles vins ordinaires, dont la consommation s’accroît de jouren jour. Déjà en 1879, la Californie seulement a produit17 millions d’hectolitres de vin, soit plus de la moitié de laproduction de la France entière qui s’élève à 30 millionsd’hectolitres 1 . Encore est-il bon d’ajouter que les viticulteurscaliforniens considèrent que la vigne n’occupe, à l’heure qu’ilest, que le tiers des terres où elle pourrait pousser, et que lesterrains qui lui conviendraient le mieux n’ont pas encore étédéfrichés à cause des difficultés que présente leur mise enculture. Le climat de la Californie en général, et celui dela vallée de la Napa en particulier, est très favorable à lavigne. Les gelées de printemps et d’automne y sont exces-sivement rares ; au moment de la maturité, les grappes nesont jamais détruites par des brouillards, et pendant lasaison chaude, le vigneron n’a à redouter ni grêle ni orage.En outre, le sol des vignobles californiens n’a pas encoreété appauvri par la culture, lés plants y reprennent unenouvelle vigueur, qui leur permet de résister aux insecteset aux maladies qui désolent nos districts vinicoles, et la

1. Ce chiffre de 30 millions, malheureusement exact aujourd’hui, indiquel’effrayante diminution subie par nos vignobles sous les atteintes de la gelée etsurtout du phylloxéra, importé d’Amérique . En 1875, la récolte des vins deFrance s’était élevée au chiffre énorme de 83836000 hectolitres. En 1880, elleest tombée à 29 677 000 !