ÉTATS-UNIS DE i/AMÉRIQUE DU NORD . 221
et nourrit les bestiaux, taille les arbres et fond le minerai.Quand il a le choix, il préfère les travaux domestiques;mais il est apte à tout, et, dès qu’il a vu faire une chose,il est capable de la faire convenablement lui-même 1 2 * * .
» La fabrication des cigares, la plus importante des indus-tries de Snn-Francisco, et qui occupe des milliers d’ouvriers,appartient absolument aux Chinois. Ils sont également enpossession de presque tout le commerce de la cordonnerie,des manufactures de drap, de la fabrication des conservesde fruits et de l’industrie du bâtiment. »
Hepworth Dixon 5 , La conquête blanche.
lies» immigrants aux Etats-Unis .
« Castle-Garclen, lieu où débarquent depuis 1855 les émi-grants qui arrivent à New-York , est un ancien fort trans-formé en une vaste rotonde en bois, à laquelle on a donnéle nom d ’Emigrant landing depot ou gare de débarquementdes émigrants. Tout y a été prévu pour un débarquementprompt et sûr, et pour mettre les arrivants à couvert desembûches de toute sorte auxquelles ils étaient auparavant
1, Le Chinois a un talent d’imitation merveilleux, et M. Uixon cite de curieuxexemples de cette aptitude : Holing, blanchisseur et repasseur chinois à San-José, en Californie , ayant économisé quelque argent, éprouve le besoin defaire agrandir son établissement. Il appelle un charpentier américain et luidemande à quel prix lui reviendra la construction de dix hangars en bois. — Acent dollars, répond l'Américain . — Cent dollars, beaucoup d’argent, dix dollarspièce; on fin, laites, faites. — L’Américain se met à l’ouvrage, et aussitôtarrivent, débarqués par Je chemin de fer, sept Chinois mandés pour la circon-stance par Holing, qui viennent assister en spectateurs au travail du charpentier,ils le regardent planter ses poteaux, introduire ses tenons dans ses mortaises,poser ses traverses, clouer scs planches; puis, des que le premier hangar estterminé, Holing le congédie en lui payant les dix dollars. — Moi pas avoirbesoin d’autre maison; moi faire tout seul, moi faire tout seul. — Yin-Ynngest le meilleur bottier de San-Francisco, et cependant avant d’arriver en Cali-fornie il ne savait ce que c’était qu'une botte. Peu après son débarquement,manquant d’ouvrage et cherchant pâture, il apprend qu’un, bottier juit, Anronisaac, a besoin d’ouvriers, et il va résolument lui proposer ses services. Le juifle Joue à bas prix, Yin-Yung a bicnlot pénétré tous les mystères de l’art dubottier; il ouvre boutique à son tour et souffle toutes les pratiques de sonmaître.
2. M. Dixon (William-Hcpxvorth), né en l$2i dans le comié d’York, mort en
1878, littérateur et journaliste anglais , outre des travaux de biographie et d his-
toire, a publié la Nouvelle-Amérique (1SG7); la Russie libre (2 vol. 1S70); la
Suisse contemporaine (Londres , 1872); la Conquête blanche (1876, in-S°-). Cesouvrages ont été traduits en français .