ÉTATS-UNIS DR L’AMÉRIQUE DU NORD . 245
rappellent un peu par leur disposition les cabines super-posées des bateaux à vapeur, mais sont beaucoup pluslarges et à deux places au besoin. Le couloir du milieu restelibre, et il est éclairé toute la nuit par des lanternes suspen-dues au plafond. Le jour, toute la literie disparaît; elle estremisée dans l’espace resté vide contre la paroi supérieuredu car, celle où couchait le voyageur d’en haut. C’est sur-tout dans ces ingénieuses installations que consiste l’inven-tion de M. Pulmann. »
On s’imagine à tort, en Europe , que les voyageurs sont sanscesse exposés à d’effroyables périls sur les lignes américaines.Certaines catastrophes trop réelles, telles que des explosions demachines, des déraillements, des rencontres ou des écroule-ments de ponts, exagérés et dénaturés par la presse, ont fait auxchemins de fer des États-Unis une réputation légendaire. Pour-quoi les Yankees, volontiers disposés à s’attribuer en tout lepremier rang, n’auraient-ils pas aussi sur les états du vieuxmonde la supériorité des accidents? Les Yankees ne paraissentpas tenir à celle-là, et la vérité nous oblige à reconnaîtrequ’on les a un peu calomniés. M. Simonin, l’ingénieur émi-nent qui est un des Français les plus familiarisés avec les chosesd’Amérique , nous dit qu’il a parcouru pendant sept ans, auxÉtats-Unis , plus de 32 000 kilomètres de chemin de fer etqu’il n’a, dans cet intervalle (1867-1874), été témoin d’au-cun accident. Les documents officiels constatent que, dansl’année 1872-1873, la ligne de l’Érié, qui était de toutes laplus mal entretenue, n’a eu que 1 voyageur tué et 7 blesséssur 3 922 156 voyageurs. Pourrait-on en dire autant de toutesles lignes de chemin de fer en France ?
Une autre erreur d’opinion très répandue parmi nous estcelle qui concerne la vitesse des trains américains . La véritéest, suivant M. Simonin, que les chemins français et anglais marchent avec une vitesse plus grande. Un des trains les plusrapides d’Amérique est le train-éclair qui va de Nexv-York àChicago , et qui franchit 1 600 kilomètres en 26 heures ;c’est une moyenne de 60 kilomètres à l’heure ; encore neporte-t-il que des journaux et des dépêches. Les trains-poste deLiverpool à Londres, de Londres à Douvres, le rapide de