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L' Amérique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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246 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

Paris à Marseille, et la fameuse malle de l’Inde égalent et dé-passent cette rapidité vertigineuse. Ce sont là, d’ailleurs, destrains exceptionnels ; les trains ordinaires d’Amérique , à causede la lourdeur et des dimensions des voitures, du mauvais en-tretien des voies, ont généralement une vitesse moindre queles chemins de fer européens.

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Transcontinental-Paciflque.

La conquête de la Californie par les Américains leur donnal’idée de joindre par un chemin de fer le nouvel état aux an-ciens, et d’ouvrir une communication rapide et sûre entre lesdeux Océans. La tâche était rude : il fallait franchir une dis-tance de 800 lieues, c’est-à-dire égale à celle qui sépare Lis-bonne de Saint-Pétersbourg , à travers des déserts et des prairiesfréquentées seulement des bisons et des Indiens, manquantd’eau et de bois, escalader un énorme plateau, et dépenser prèsd’un milliard. On établit d’abord (en 1857) les overland maikou malles transcontinentales, qui relièrent le Sacramento auMissouri et au Mississipi , et en trois semaines portèrent les dé-pêches entre San-Francisco et Saint-Joseph ou Saint-Louis.En 1860, on ajouta aux diligences le service du poney:monté par un cavalier habile et renouvelé à chaque station,il portait les dépêches en six'jours quand, par hasard, il n’étaitpas arrêté par les Peaux-Rouges qui guettaient le courrier, ettuaient l’homme pour voler le poney. Enfin, en 1860, l’ingé-nieur Thomas Judah, après de sérieuses explorations faites dansla Sierra-Nevada, fit partager ses plans à une réunion de capi-talistes du Sacramento, les fit adopter par le Congrès de Was-hington et approuver par le président Lincoln (1 er juillet 1862).Deux compagnies se formèrent : l’Union-Paciflc et le Central-Pacific ; l’État fournit une subvention ; on évalua la dépenseà 475 millions, et les travaux commencèrent et se poursui-virent sans relâche des deux côtés à la fois, en dépit de tonsles obstacles opposés par le manque d’eau et de vivres, lesagressions continuelles des tribus indiennes et l’indiscipline destravailleurs, pour la plupart gens tarés, sans feu ni lieu, plusaptes à manier le revolver et le bowie-knife que la pioche oule marteau. Heureusement les Mormons et les Chinois prêtèrentleur concours, les Chinois surtout : John le Célestial, JohnChinaman, comme on l’appelle avec mépris en Amérique , semontra une fois de plus, au milieu des rudes fatigues et des

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