268 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE,est de 18 à 20 degrés, et le thermomètre y éprouve si peude variations d’une époque à l’autre qu’on y jouit d’unprintemps perpétuel. C’est une région délicieuse, qui pos-sède une végétation à peu près aussi active et aussi vigou-reuse que celle du littoral, sans avoir le ciel embrasé et lesmiasmes empestés de la plage et de la contrée avoisinante.Elle est exempte de ces myriades d’insectes incommodesou venimeux qui pullulent dans la région basse de la Terre- JChaude et y font le tourment de l’homme. On y respirel’atmosphère pure du plateau sans en subir les passagèresfraîcheurs et l’air vif, dangereux aux poitrines délicates.
La zone tempérée est un paradis terrestre, quand l’eau yabonde, comme à Xalapa et dans quelques autres districts,où les glaciers éternels de quelques montagnes, telles que lepic d’Orizaba et le Cofre de Perote, se chargent d’en four-nir aux sources toute l’année 1 .
l. Le côté faible du Mexique , c’est l’insuffisaoce des cours d’eau. Les rivièresmexicaines, torrents pendant la saison des plaies, sont desséchées l’été, sauf derares exceptions. Sur le plateau, le terrain fissuré absorbe les eaux pluviales,elle sol est aride. Les lacs sont rares ; le plus grand est celui de Chapala, quia deux fois l’étendue du lac de Constance. Près de Mexico , on en trouve cinq:ceux de Te 2 cuco, Xoehimilco, Chalco, San-Cristobal et Zumpango , qui occu-pent ensemble une superficie de 44 000 hectares. Au nord de Zacalecas, il y ena neuf autres, et cinq autour de Chihuahua . Mais leurs eaux, qui renfermentune grande quantité de carbonate de soude, sont propres à l'exploitation du selet impropres à l’irrigation agricole et aux usages domestiques.
« Mexico est situé au centre d’un grand bassin de la lieues de long sur» 12 de large, auquel on donne improprement le nom de vallée. Les eaux
* qui tombent sur cette immense surface s’accumulent dans les lagunes qui en» occupent les parties les plus basses, et près desquelles Mexico est bâti. A» certaines époques, il en est résulté des inondations terribles, dont l’histoire» a gardé le souvenir. Ces lagunes sont à différents étages. Le niveau moyen» des eaux de celle de Texcuco, la plus voisine de la ville, est de 3 m ,64, infé-
* rieur au plan du parvis de la cathédrale ; les lacs de Chalco, de San-Cristo-> bal et de Xaltocan sont à û œ ,54 au-dessous de ce plan. Le lac de Zumpango » est à 2“,44 au-dessus. Ce ne sont, à vrai dire, que des nappes d’eau sans■ profondeur, derniers vestiges des grands lacs sur lesquels naviguaient les
* brîgantins de Cortez. Leur surface est aujourd’hui encombrée d’herbes, et» la circulation n’est généralement possible que dans les canaux qui ont été» dégagés de végétation. Dans la saison des grandes pluies, le niveau des la-» gunes inférieures monte assez pour couvrir d’eau la plaine qui entoure
* Mexico ; mais, en temps ordinaire, l’évaporation et l’absorption dans les terres» perméables suffisent pour maintenir les eaux à une hauteur normale. On a,b du reste, exécuté quelques travaux d’aTt afin de détourner dans les lagunes» inférieures le cours du Rio de Cuantillan, qui se déversait dans le iâcdeb Texcuco ; on a ouvert une profonde tranchée dans les montagnes du nord,p pour faire dériver l’excès de leurs eaux sur le versant de l’Atlantique. Ce» canal, appelé Desagve Real , date de la domination espagnole. » (G. Niox :Expédition du Mexique, Paris , in-S°, 1874.)