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L' Amérique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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MEXIQUE . 273

un cimetière, à la façon des fossoyeurs qui creusent untombeau dans le champ de la mort.

.» La promenade publique, appelée Alameda, est petite,jolie, ornée de palmiers; on y voit des fleurs, mais j’aioublié de les compter. Elle est située près du chemin de ferde Mexico , au sud de la ville. Le dimanche, à cinq heures,elle est très animée ; des musiciens autochthones écorchentgratis les oreilles des promeneurs...

» ... Il est fâcheux qu’on ne puisse aller à l’étrangercomme l’on va à Saint-Cloud , c’est-à-dire sans bagages.Plus un voyage est long, plus les bagages sont lourds, em-barrassants et coûteux. Au Mexique , ils sont impossibles;leur transport nécessite une fortune. En mettant le piedsur le môle de Vera-Cruz, on s’aperçoit déjà qo’on foule unsol célèbre par ses mines d’argent. Le batelier qui meconduisit du navire au môle, distant de 50 mètres, meprit une piastre, soit 5 fr ,30. Je fus obligé de donner uneautre piastre pour chacune de mes malles, pour les fairetransporter à la douane, distance 10 mètres. Môme prixpour les faire retransporter à l’hôtel du Commerce, distance20 mètres. Il paraît qu’en faisant le prix d’avance, onpeut obtenir des conditions plus raisonnables, mais il fautle savoir, et parler un peu le castillan pour débattre leprix...

» L’hôtel du Commerce, dans lequel je suis descendu,délie toute description. C’est un labyrinthe malpropre, ornéde singes et de perroquets. A l’arrivée des paquebots, onest assez mal reçu dans ces établissements, si l’on n’a pasfemme et enfants. Deux propriétaires refusèrent de me logerparce que j’étais privé de ce supplément de bouches. Grâceà deux compagnons de voyage qui firent communauté dechambre avec moi, l’hôtel du Commerce consentit à m’ou-vrir ses portes. Trois lits à sangles, garnis de moustiquaires,'trois cuvettes de faïence placées sur une table de sapin, ettrois chaises disloquées, tel était le mobilier de l’antreobscur qu’on nous donna sous le nom de chambre. Pour yarriver, il fallut monter et descendre des escaliers, traver-ser des monceaux de viande, de poissons et de légumes,