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L' Amérique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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274 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE,passer par la cuisine et de sombres couloirs ; si je n’avaispas eu la bosse de la géographie, je n’aurais pu retrouvermon lit qu’au moyen d’un fil, comme dans les catacombes 1 .

» ... Je quittai Vera-Cruz parle train de huit heures dumatin. Le chemin de fer entre d’abord dans une sorte desillon naturel, rempli d’arbustes à feuilles persistantes ; plusloin, ce sillon s’élargit et devient un marais, coupé par desterres sèches, jusqu’au rancho de la Tejeria, situé à 12 ki-lomètres de la Vera-Cruz. De ce marais, habité par desmilliers de caïmans, de serpents, de crapauds monstres etde tous les amphibies qui vivent dans les marécages, sortentle vomito et ces exhalaisons pestilentielles qui font tant deravages dans les environs. Ce berceau de la mort est ornéde tout ce qui révèle la richesse et l’exubérance de la vietropicale. L’eau stagnante se cache sous des nénufars, desplantes et des fleurs aquatiques de toute beauté. Au-dessusde buissons inextricables, enserrés dans les lianes du fameuxconvolvulus Jalapa, aux fleurs d’azur, dont les Indiens révé-lèrent à l’Europe les propriétés médicales, s’élèvent despalmiers, des bananiers, des palma-christi gigantesques, desmagnoliers, des lataniers, des flamboyants, l’acajou, l’arbreà caoutchouc et mille autres variétés d’arbres et d’arbustesaux formes bizarres, au feuillage étrange. Des colibris auplumage doré, des perruches et des perroquets émeraudes,bigarrés de fauve et d’écarlate, des ibis aux longues jambes,une infinité de lézards et de quadrupèdes peuplent cettesolitude mortelle et féérique. Ici, des papillons couleur desoufre tremblotent lourdement au-dessus des tulipes jaunes;là, des nogassaris voilent pompeusement un crapaud hydro-pique ; plus loin, des roses et des fleurs d’angsoka abritentun reptile infect, sans vie, décomposé par la chaleur. L’in-

i. Voici ce que le môme voyageur écrit des hôtels de la capitale mexicaine :« A Mexico , les hôtels sont comparativement plus coûteux, plus vastes et mieux» agencés que partout ailleurs. L’hôtel lturbide est le premier pour sa gran-» deur et sa cherté. On y est très mal et souvent volé. L’hôtel du Bazar est» plus simple et plus sur. Dans les hôtel3 de Mexico , il y a des règlements im*» primés en trois langues. Parmi les articles de ce règlement, le suivant mérite» d’être cité : « Les domestiques ne sont pas obligés de servir les voyageurs» on les paye à part pour faire la chambre, brosser les habits, cirer les» bottes, etc. »