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lies fabricas» de tabacos (manufactures de tabacs)
à l>a Havane.
« Dès qu’arrivent dans les fabriques les manojas (petitsballots de feuilles sèches), on les place dans une pièceobscure et fraîche du rez-de-chaussée. Là on les classe sui-vant leur qualité et leur valeur, qui varie de 20 à400 piastres par 100 kilogrammes. Quand on a choisi lesmanojas qui vont servir à fabriquer des cigares, on en dé-plie les feuilles une à une et on les plonge dans un tonneaucontenant une solution de salpêtre. Lorsqu’elles y ontséjourné le temps nécessaire pour être suffisamment hu-mectées et adoucies, on jette l’eau et on les range au borddu tonneau afin de les faire égoutter et sécher. Ceci fait, onles développe avec soin pour ne pas les déchirer, et l’on encoupe les queues; c’est ce qu’on appelle disbalillar. Cesqueues, avec le rebut d’autre tabac, servent à remplir lescigares communs; ce rebut est connu sous le nom de tripa.Les cigares se fabriquent avec une petite quantité de tripa
de toutes les parties de l’Amérique . Nous en citerons quelques preuves : « Il» n'y a pas de Paraguayenne qui ne fume, comme aucun grognard de chez» nous ne pourrait le faire. C’est un sujet d’étonnement de voir les femmes etb même les enfants de cinq ou six ans pousser leurs bouffées blanches, et at-» télés à des cigares longs de vingt centimètres, qu’iis éteignent de temps à» antre pour les rallumer peu de temps après. Il n'y a que les enfants à la ma-» melle qui s’abstiennent de tabac, et encore je me souviens d’avoir vu une» femme guaranie, son petit enfant à cheval sur la hanche, essayer d’apaiser» les cris du petit être en lui mettant entre les lèvres, non pas le sein maternel,
* mais l’extrémité à demi mâchonnée de son ignoble cigare. » (L. Forgues,Le Paraquoy .)
« Les femmes dariénites abusent du tabac, et ont la curieuse manie de fumer» en tenant dans la bouche le bout allumé du cigare. Ces dames prétendent» qu’il n’est que cette façon de trouver du goût au tabac. L’apprentissage
* commence de bonne heure ; j’ai vu des bambins jeter la cigarette pour» prendre le sein de leurs mères. » (A. Reclus, Explur. aux isthmes de Pa-nama et de Darien.)
Le célèbre hygiéniste italien Paolo Mantegazza, dans son Voyage au Para-guay , rapporte que les Paraguayens aiment à pratiquer une hospitalité aussigénéreuse dans ses intentions qu’ingénue dans ses dehors. Quand on entredans une de leurs cases, aussitôt la signorita d’accourir, d’allumer un cigare etde vous l'offrir avec une tasse de maté fumant. Tout le monde fume, à part lestout petits enfants, elles femmes ne se distinguent à cet égard des hommesque par leur prédilection pour les tabacs les plus forts. (Rio de la Plata e Te-nerife ; viagyi e studii. Milano } 1877.J
AMÉRIQUE, 10