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que la ligne de Southampton se rattache, en traversant lechemin de fer de Panama , aux services spéciaux du Paci-fique, et dessert ainsi toute la côte occidentale de l’Amé-rique, de Valparaiso à San-Francisco . Les trois bâtimentsreviennent ensuite à leur point de départ avec les dépêcheset les voyageurs de cet immense réseau et avec les métauxprécieux du Mexique et de la Californie , puis le tout estexpédié en Europe avec la même régularité.
» Quand je descendis à terre pour la première fois, j’abor-dai au milieu d’une trentaine de négresses vêtues de robesclaires, coiffées de madras et pieds nus pour la plupart, quioffraient aux passants des figues-bananes, des pastèques,d’autres fruits que je ne connaissais pas encore et des pâtis-series du pays. Ces négresses, sans être jolies, avaienttoutes des yeux très doux, un grand air de bonté et desdents d’émail. Le balancement un peu théâtral de leurmarche choquait d’abord et- finissait par plaire, surtoutquand elles portaient leur calebasse, comme une amphore,sur leur main renversée à la hauteur de leur tête. La jetéeen pilotis qui sert de débarcadère aboutissait à une allée decocotiers, dont les palmes en berceaux formaient une voûted’ombre et de fraîcheur. A droite, un massif de lauriers-roses, de grenadiers et de jasmins d’Arabie en fleurs embau-mait l’entrée du jardin botanique : c’est, je crois, la seuleinstitution publique de Saint-Thomas, qui n’a ni biblio-thèque, ni musée, ni théâtre ; encore cette création éminem-ment tropicale n’est-elle qu’à l’état d’ébauche. Là commen-çait une longue me de deux kilomètres, parallèle à la mer,où je m’engageai résolument. C’est la rue commerçante etle boulevard de la cité, à laquelle aboutissent tous les maga-sins tubulaires dont j’ai parlé, et qui sert de trait d’unionaux trois mamelons réguliers de la ville haute. Elle estpresque droite, très propre, très fréquentée, bordée de trot-toirs de dalles, et elle coupe à angle droit toutes les ruesqui descendent de la montagne à la mer. Je rencontrai dansune de ces ruelles latérales le marché aux légumes qu’ap-provisionnent les îles voisines, notamment Sainte-Croix etPorto-Rico . J’y remarquai beaucoup de farineux énormes