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L' Amérique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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332 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE,les champs de cannes à sucre, se contourne en spirale dansune position ou il est dit lové, et attend : sur le premiergibier qui passe, fût-ce un rat, un manicou ou un homme,le serpent s’élance ; son effroyable tète peut atteindre à plusd’un mètre au-dessus du sol. La victime, une fois mordue,s’affaisse immédiatement sur elle-même et perd connais-sance ; c’est au moins le cas le plus fréquent. De nouvellesmorsures viennent hâter sa mort quand celle-ci n’a pas étéamenée immédiatement par la première infiltration duvenin... La présence du trigonocéphale à la Martinique exige, pour le coupage des cannes, un mode tout particulier.Les travailleurs se placent en rond en se dirigeant vers uncentre unique. Quand le champ est réduit à un cercle dedix à douze mètres de diamètre, on cesse de travailler etl’on brûle. Les serpents effrayés se sauvent et sont exter-minés 1 . » Victor Metgnan 2 ,

Aux Antilles .

(Paris , 1878, in-18, Plon.)

Conditions hygiéniques de la classe ouvrièreà la Guadeloupe .

« Les conditions de la vie ordinaire des gens de la clauseaisée sont en général satisfaisantes. Grâce à un certain

1. Voici quelques renseignements qui complètent, et sur un pôint coatre-

disent ceux du voyageur cité plus haut. «Cette terre serait un séjour délicieux,» n’était le trigonocéphale, un des plus venimeux serpents qu’il y ait au monde.* Il se. glisse partout, dans les cultures, les champs de cannes à sacre, les» abords des maisons ; souvent il s’enhardit jusqu’à pénétrer dans les cases àla» poursuite des souris ou des rats. On en a trouvé dans les lits. La morsure de

» ce reptile est presque toujours fatale ; la science ne sait pas encore en neu-

» traliser le venin ; et quant aux vieilles négresses rebouteuses, prétendues» charmeuses, le résultat bien constaté de leurs incantations, de leurs mas-» sages, de leurs affreux bouillons d’herbes, c’est d'ajouter aux souffrances

» d’un palient condamné à mourir. On ne cite point de cas authentique de

» guérison. Ces terribles serpents ont parfois jusqu’à sept pieds de long- Us» n’attaquent point l’homme et fuient au moindre bruit; mais lorsque la malc-» chance veut qu’on mette le pied sur un trigonocéphale engourdi par ua» copieux repas, il se redresse soudain et se venge par une mortelle blessure.» Le jour, ces reptiles dorment dans leur trou ; le soir, ils vont à la maraude,» et, comme ils aiment les terrains battus, les routes et les sentiers en sont» couverts. Ni promesses ni menaces ne décideraient un indigène à sortir entre» le coucher et le lever du soleil. Toute la nuit les serpents régnent en maîtres» sur l’ile.* (A. Reclus, Explorations à Panama et au Darien .)

2. On doit encore à M. V. Mcignan un très intéressant récit de voyage enSibérie et Laponie., intitulé de Paris à, Pékin par terre. (Paris , Plon, in-18, 1876.)