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AMÉRIQUE CENTRALE. 331
qui deviennent des terres privilégiées pour la culture de lacanne à sucre. »
Les colonies et la politique coloniale cle la France .
(Paris , 1860, Artims Bertrand.)
Le serpent trigonocéphale à la Martinique .
« S’il est un pays où il serait enivrant d’admirer la na-ture, de s’y enfoncer, de s’y perdre, de s’y abîmer, c’estbien la Martinique : il n’y faut pas songer : promenades àpied autre part que sur les routes, et encore les routes nesont-elles pas très sûres, courses dans les bois, repos surl’herbe, flâneries dehors, farniente de çà, de là, au hasard,tout cela est impossible ; le trigonocépliale fer-de-lance,reptile habitant les îles Martinique et Sainte-Lucie , etn’habitant que là dans le monde entier, veille, toujoursprêt à s’élancer sur l’homme, et veille partout. On en ren-contre souvent dans les environs immédiats des habitations,des villages ; on en a tué beaucoup dans les jardins del’hôpital militaire qui touche à Fort-de-France ; on en atué jusque dans la maison du gouverneur, située au beaumilieu de la ville.
» Ce serpent est, d’après M. Rufz, le plus venimeux desserpents connus. Il peut atteindre la longueur de deux àtrois mètres et la grosseur du poignet; il est d’autant plusdangereux qu’il ne se trahit par aucun signal. Le serpent àsonnettes avertit de sa présence par son cliquetis, le ser-pent corail peut être signalé facilement à cause de sa cou-leur; d’ailleurs ces serpents sont relativement petits, ilss’élancent rarement et l’on peut avoir quelque chance des’en préserver à l’aide de fortes chaussures. Le trigono-céphale, au contraire, sauf peut-être par son odeur, et en-core faut-il en avoir une grande habitude, ne s’annoncepar rien ; il est noirâtre, sa teinte est semblable à celle dela terre ; il voyage peu, il se blottit le long des routes, dans