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L' Amérique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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3G0 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE,singulièrement difficiles, il a été le théâtre de nombreux si-nistres ; encore avait-il sacrifié bien des vies d’hommes pourobtenir un premier passage à travers des marécages mortels,dont le sol fangeux se dérobait à toute consolidation. Lestravaux ultérieurs de la compagnie ont fini par créer un vé-ritable sol factice, et, à défaut d’ouvrages d’art que le génieaméricain ne comporte pas, on a réalisé sur plusieurs pointsdes améliorations considérables. C’est ainsi qu’à la station deBarbacoas, à peu près au milieu de l’isthme, des ponts debois plusieurs fois emportés ont été remplacés par un pontde fer de 4 à 500 mètres de longueur et importé de New-York . Il ne faut cependant demander à ce chemin ni grandevitesse ni confort; il n’y a, comme aux États-Unis , qu’uneseule classe pour les voyageurs, et chaque wagon doit con-tenir soixante personnes assises sur des sièges de bois. Riende plus démocratique, mais on passe, et, pour les soixantemille émigrants qui chaque année vont en Californie ou enreviennent par cette voie, l’essentiel est de passer. Peud’entre. eux songent même à jeter un coup d’œil sur lepanorama vraiment pittoresque et parfois effrayant de laroute 1 .

» Ce qui limitera néanmoins, quoi qu’on fasse, le déve-loppement de ce coin de terre, si bien placé ponr servir detrait d’union aux deux océans, c’est l’insalubrité du climat.Cette insalubrité a été jusqu’ici le grand épouvantail del’émigration ; elle a même frappé de discrédit des régionsvoisines, comme l’Amérique centrale , qui se trouvaient dans

1. * Sur tous les points réservés aux embarquements, le voyageur qui veut» prendre le train place ses bagages sur une large plate-forme à hauteur desb wagons; il manœuvre lui-mème le signal, et te convoi s’arrête. Pour des-b cendre, il prévient le chef de train, qui le fait déposer à l’endroit voulu. Den cette façon, la compagnie réalise des économies cl le service n’en va pas plus» mal : à chacun de se tirer d’affaire.

s A Colon et à Panama , la ligne est en pleine rue; un coup de cloche avertits que Tlieure est près de sonner, un second qu’on va partir, un troisième qu’onb part. Monte qui veut. Les wagons, très allongés, sont ouverts aux deux bouts,» et sans portières. En route, les employés demandent les billets : si quelqu’un» est en fraude, le train s’arrête et débarque le mauvais plaisant... Aucuneb barrière n’isole les lignes, et les troupeaux s’y promènent à volonté : onb ralentit la vitesse, la locomotive siffle pour les prévenir et les prier de faire» place ; les récalcitrants sont versés à droite et à gauche par la * cage à bœufs»,» grand treillage en forme de soc de charrue qui les écarte sans trop de dom-b mage, u (A. Reclus.)