366 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
les principales installations sont faites dans l'isthme de Panama . Sur plusde la moitié du parcours, le terrain a été déboisé et jalonné ; le massif dela Culebra est attaqué de la base au sommet sur le versant de l’Atlantique-trois chantiers, ayant à leur service de puissantes machines et un outillageperfectionné, y sont en pleine activité. Quant au transit des marchandisesdans le futur canal, on prévoit qu’il dépassera, dès l’ouverture, les pré-visions indiquées par M. Levasseur, dans son rapport au congrès inter-national. Par exemple, tout le trafic promis au canal de Panama pour laNouvelle-Zélande et une partie de l’Australie a été évalué à 300 000 tonnes.Or d’une communication faite récemment à l’Economiste français (août1882), il résulte que le mouvement maritime de ce pays s’élevait à5 877 000 tonnes en 1879.
On a parlé des guerres qui pourraient amener une interruption momen-tanée du transit, comme elle a eu lieu sur le canal de Suez pendant troisjours, lors de la récente expédition des Anglais en Egypte . Le futur canalde Panama ne peut-il pas avoir le même sort ? En fait, il se trouve queles deux premières nations maritimes, l’Angleterre et les Etats-Unis , ontpassé un traité qui garantit formellement le canal de Panama contre touteattaque ; c’est le traité Clayton-Bulwer. 11 s’appliquait plus spécialemectau canal alors projeté, et aujourd’hui abandonné, de Nicaragua , mais il avisé également le canal de Panama , comme on va le. voir, en lisant lestrois principaux articles de ce traité :
e Article 1 er . Le gouvernement des Etats-Unis et celui de la Grande-Bretagnedéclarent par ces présentes que ni l’un ni l’autre ne prétendra jamais obtenirou conserver pour lui-même aucun contrôle exclusif sur le canal de navigationprojeté ; consentant à ce que ni l’un ni l’autre ne puisse jamais élever ou main-tenir aucunes fortifications qui pourraient commander ce canal ou être établiesdans son voisinage ; chacun d’eux renonçant à occuper, fortifier ou coloniser,comme à prendre ou à exercer aucun pouvoir sur les états de Nicaragua , deCosta-Rica, sur la côte de Mosquitos, ou sur aucune partie de l’Amérique cen-trale ; renonçant aussi de part et d’autre à profiter d’aucune protection que l’unou l’autre fournirait ou pourrait fournir, d’aucune alliance que l’un ou i’autreaurait ou pourrait avoir, sur ou avec aucun état ou aucune nation, dans le butd'élever ou de maintenir aucunes fortifications de cette sorte, ou d’occuper,fortifier ou coloniser le Nicaragua, le Costa-Rica, la côte des Mosquitos , ouaucune autre partie de l’Amérique centrale , ou de prendre ou exercer un pou-voir quelconque sur les mêmes pays; les Etats-Unis et la Grande-Bretagnerenonçant également à tirer avantage d’aucune intimité ou à profiter d’aucunealliance, relation ou influence que l’une ou l’autre des parties pourrait avoiravec aucun des Etats et des gouvernements à travers les territoires desquelspasserait le canal en question, dans le but d’acquérir ou de prendre, directe-ment ou indirectement, pour les citoyens ou les sujets de l’un d’eux exclusive-ment, par rapport au commerce ou à la navigation par ledit canal, aucunsdroits ou avantages qui ne seraient pas offerts dans les mêmes termes auxcitoyens ou aux sujets de l’autre également. »
» Art. 2. Les vaisseaux des Etats-Unis ou ceux de la Grande-Bretagne dansla traversée du canal dont il s’agit, devront, en cas de guerre entre les partiescontractantes, être exempts de tout blocus, arrêt ou capture par l’une commepar l’autre des parties belligérantes; et cette disposition favorable devra êtreétendue à une certaine distance des deux extrémités du canal susdit, telled’ailleurs qu’il pourra paraître ultérieurement convenable de la déterminer.»
» Art. 8. Les gouvernements des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne ayantvoulu, quand ils sont entrés dans cette convention, non pas seulement accom-plir un objet particulier, mais encore établir un principe général, conviennentpar ces présentes d’étendre leur protection au moyen d’une condition du traitéà toutes les autres voies praticables de communication, soit canal ou cheminde fer, destinées à traverser l’isthme qui joint l’une à l’autre l’Amérique dunord et l’Amérique du sud , et spécialement aux communications intero-
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