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» La Fête-Dieu et celle de Pâques sont celles qu’on cé-lèbre avec le plus de pompe au dehors par des processionsauxquelles un mélange du profane avec les choses sacréesdonne un cachet particulier d’originalité ; c’est ainsi qu’onvoit figurer en tête de ces processions des troupes d’indiensou d’autres individus qui, sous des costumes d’indigènesprimitifs, de diables, etc., se livrent, au son d’instrumentsdiscordants, à des danses grotesques; que des chars, traînésà bras, portent des personnages et' des enfants qui formentdes groupes allégoriques dont les sujets sont tirés de l’An-cien et du Nouveau-Testament ; que des statues peintes etreprésentant des scènes de la Passion, sont, au moyend’énormes brancards, portées sur les épaules d’hommesvêtus en pénitents et dont quelquefois, m’a-t-on dit, plu-sieurs appartenant à la haute classe de la société, cher-chent à expier des fautes par ce pénible travail de la journée.
« .La fête de Noël n’est pas bornée aux réjouissances
habituelles qui se mêlent, dans la journée, aux cérémoniesreligieuses; elle est, en outre, une occasion de divertisse-ments qui ne cessent qu’au bout d’une quinzaine de jours,à l’époque de l’Épiphanie. D’abord, dès la veille, des autelssont, dans maintes églises, disposés pour ce qu’on appelledans le pays un nacimiento, c’est-à-dire pour reproduire, aumilieu de décorations de théâtre et au moyen de petitesfigures de bois, de cire ou de carton, les circonstances quise rattachent à la naissance du Sauveur. Quelques particu-liers s’amusent, de leur côté, à donner chez eux un pareilspectacle et y dépensent de grosses sommes, stimulés qu’ilssont par le désir de se surpasser l’un l’autre dans le luxe etla variété de leurs expositions. La partie capitale du tableause compose de l’étable avec ses animaux, de la Sainte Fa-mille, des bergers et des mages en adoration devant l’En-
» dorure. Mais ce qui nous frappa davantage dans la cathédrale die Santa-» Martha, ce furent les vêtementsdont sont affublés la Vierge, saint Joseph etï l’enfant Jésus. En face du maître-autel, sur une estrade, se trouve une» madone vêtue d’une robe de brocart, garnie d'une crinoline phénoménale et» d’une queue à désespérer vingt reines; elle tient à la main un mouchoir de» fausse dentelle, un flacon d'odeur, des rubans roses, et un grelot en argent» pour amuser son divin filâ. » (Comte de Gabriac, Promenade à traders l Amé-rique du Sud; Paris , tà6S, in-S*’, Lévv.)