386 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE,sont celles de la Semaine Sainte, de Pâques , de la Fête-Dieuet de Noël. Pendant les trois jours de la Semaine Sainte ,les autorités de la ville réunies en corps, et presque tous lesautres habitants, pour remplir réellement un devoir depiété, ou pour satisfaire seulement la coutume, vont, envêtement de deuil, visiter successivement chaque église, oùest élevé, avec un grand appareil lugubre, un monumentqui simule le Saint-Sépulcre ; on rencontre alors dans leséglises, surtout le soir, lorsqu’elles ne sont plus éclairéesque par quelques flambeaux, et restent dans une demi-obs-curité, une quantité de gens qui, nus jusqu’à la ceinture,se meurtrissent ou se déchirent la poitrine et le dos avec desdisciplines. J’ai même vu quelques-uns de ces fanatiquesqui étaient, sinon cloués, du moins attachés sur des croixdans la position du Christ pendant son dernier supplice.Dans la journée du Samedi Saint est ménagé pour le peupleun divertissement dont, du reste, nous avions des analoguesautrefois en Europe ; dès le matin, des mannequins figurantJudas ou Satan sont suspendus dans différents endroits dela ville, notamment au-dessus des portes des églises princi-pales, et, aussitôt qu’a été entonné à l’office du jour leGloria in excelsis, ils sont, au bruit des pétards et descloches, descendus et abandonnés au peuple qui, après lesavoir traînés avec force outrages dans les rues, finit par enfaire d’autant plus facilement des feux de joie, qu’ils sontordinairement farcies de matières inflammables et de piècesd’artifice * 1 .
la base occidentale des deux montagnes de Guadalupe et de Monserrate.L’emplacement avait été bien choisi ; le fondateur, Ximenès de Quesada (1538)y trouvait en même temps une bonne position stratégique contre lénnemi, unvaste sol propre à toutes les denrées alimentaires, une température modérée,et le point central d’un immense empire baigné par les deux Océans. Les ruessont bien percées, à angles droits; les maisons, élégamment bâties, renfermenten général à l’intérieur des patios remplis de fleurs et d’arbustes. On n’y trouveque des petites fabriques de meubles et d’objets d’utilité commune, aucunegrande industrie. Une seule route commerciale, mal entretenue, rattache cetteville au Rio Magdaiena, en face de Honda. Un chemin de fer doit être construitprochainement de Bogota à Facatativa sur la route du Magdaiena.
1. On peut lire dans le Tour du Monde (l ep semestre 1863), la trèspiquante description de la grande procession de Cuzco décrite par M. PaulMarcoy . ( Voyage de U Atlantique au Pacifique.) M. de Gabriac donne, sursa visite à la cathédrale de Santa-Martha, les détails qui suivent : a L’in-b térieur de l’église est surchargé d’ornementations ou la saleté le dispute à la