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L' Amérique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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AMÉRIQUE DU SUD .

» Avançons-nous dans l’Orénoque , qui offre une navi-gation facile aux plus grands navires. Nous sommes bientôtdevant le confluent du Caroni, et nous remontons jusqu’àCiudad-Bolivar, qu’on appelait auparavant Angostura ouSan-Thomas de Nueva-Guayana, ville déjà grande et belle,le principal port de l’Orénoque et siège d’un commercemaritime très actif. Tout est commerce dans cette ville; ily a peu d’industrie et surtout peu de culture ; les environsne présentent pas ces riants jardins, ces vergers, cesavenues qui annoncent dans notre France les approchesd’une importante cité : les savanes et les bois s’étendentjusqu’aux portes de Giudad-Bolivar. Cependant, çà et là, onaperçoit quelques champs d’indigotier, de canne à sucre,de caféier, de maïs, de haricots, surtout de yuca ou demanioc, dont la racine sert à faire le principal pain du pays.Le bananier étale de toutes parts ses larges et magnifiquesfeuilles, et donne abondamment ses régimes de fruits nour-rissants. Le cotonnier aussi vient merveilleusement surce sol fertile, mais la culture est fort négligée. Le quinquinane se montre que dans les lieux élevés; presque partout onrencontre une foule d’autres produits précieux pour la méde-cine : la simaruba, l’angostura, le ricin, la fève de Tonkin,le copahu, etc., etc. La vanille s’élance d’arbre en arbre etembaume de son délicieux parfum tous les lieux d’alentour;mille autres orchidées, mille convolvulacées enlacent deleurs guirlandes légères les géants des forêts. Les bois deteinture, tels que le brésillet, de magnifiques bois d’ébé-nisterie, comme l’acajou, le cèdre, le palissandre; desarbres à gomme, comme l’hévéa, d’où découle le caout-chouc; des bois violets, roses, jaunes, sans nom en bota-nique, se montrent partout ; mais l’apathie vénézuéliennerespecte parfaitement et laisse sans usage tant d’admirablesvégétaux. Le palmier, le roi de ces forêts, balance son élé-gant panache de verdure au-dessus de la tête de tous sesrivaux ; plusieurs de ces espèces donnent une huile excel-lente, le palmier séjê surtout, dont le produit, d’une abon-dance et d’une qualité extraordinaires, ferait seul la fortunedes spéculateurs qui voudraient exploiter les richesses de ce