404 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE,bus indiennes ne chassaient guère autrefois, et en beaucoupde pays ne chassent encore qu’à la sarbacane. Cette armeconsiste en une gaule de bois, haute de 5 pieds et demi à7 pieds, ayant la grosseur moyenne du canon d’un fusil degros calibre. Pour fabriquer cette gaule en sarbacane, lesIndiens la fendent longitudinalement et la divisent ainsi endeux moitiés égales. Comme le bois choisi par eux à cet effetest d’une nature analogue à celle du sureau, c’est-à-dire con-tenant une moelle facile à extraire, ils vident complètementchacune de ces moitiés de la moelle qu’elle contient. Celafait, ils polissent ces deux demi-canons avec autant de soinet beaucoup plus de temps que n’en prend un armurier pourpobr les canons d’un fusil.
a Quand chaque moitié est lisse à l’intérieur comme unmiroir, ils les rapprochent l’une de l’autre, de façon à lesréunir en une seule gaule ; puis ils les soudent l’une à l’autreen enroulant autour d’elles une peau de liane mince, large,résistante, à la façon d’une bandelette de toile, et eniin sureette liane ils étendent une couche de résine qui, commeune peinture-mastic, protège et le ruban de liane et l’armeelle-même contre les insectes, les chocs, la chaleur, l’humi-dité, etc. Ils ont ainsi une sarbacane au canon parfaitementpercé, lisse, petit de calibre, et dont la longueur augmentede beaucoup la portée...
» Les flèches consistent en parcelles de roseaux, longueset fines comme des aiguilles à tricoter, appointées par unbout ainsi que des aiguilles à coudre, à la fois légères etdures comme de l’écorce de roseau. Autour de chacuned’elles, par le milieu, on fixe en l’enroulant, une petite pe-lotte de soie végétale, grosse à peu près comme ces boulettesdu mie de pain que tous, plus ou moins, nous savions jadis,hélas ! envoyer à travers la salle d’étude, avec une si déplo-rable habileté. Cette soie lisse, coulante, légère, aux brinsmultiples comme de la bourre de soie dont elle a l’apparence,presse de tous côtés les parois de la sarbacane, ainsi qu’uneballe forcée presse les parois d’un canon de carabine. Decette façon, elle retient dans le canon l’aiguille en roseau,reçoit le souffle de l’homme et lui permet de chasser puis-