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Le Callao.
« Le port du Callao se présente sous un aspect particuliè-rement civilisé. Une société industrielle française y a con-struit un port avec de grands bassins. Des murs énormesont été élevés dans l’eau avec des sacs à moitié remplis dechaux hydraulique. On les a d’abord déposés les uns à côtédes autres, puis on a superposé les rangées jusqu’à leurfaire atteindre le niveau des mers moyennes. Ces sacs sesont tout d’abord affaissés, et, par suite, ils se sont ajustésles uns aux autres. La cliaux a durci dans l’eau, la vague afait disparaître la toile et mis à jour l’appareil singulier deces murs cyclopéens par accident. Le perfectionnement de latechnique moderne leur a ainsi donné un aspect de hauteantiquité. Sur les énormes môles en fer, on entend le grin-cement métallique des grues à vapeur et le bruyant va-et-vient de petites locomotives ; une forêt de mâts et de che-minées ondoie sous l’influence non vaincue complètementde la houle, comme le chaume sous le souffle d’une briselégère : les transatlantiques, les vaisseaux de guerre français ,italiens, anglais, et la flotte péruvienne , cuirassés, batteriesflottantes et autres engins meurtriers, se balancent paisiblessur la vague qui entoure les carènes d’un clapotis, sorte debrisant endormi. Ils semblent sommeiller au milieu des cen-taines de barques qui dansent sur l’onde et des remorqueurssillonnant le port et la rade.
» La ville du Callao, avec ses 30000 habitants, est unfaubourg de Lima : deux chemins de fer la desserventet vingt-quatre trains par jour franchissent les trois lieuesqui séparent la capitale du Pérou de son port maritime.Aussi ce faubourg, comme s’il voulait rejoindre Lima ,s’est-il allongé vers l’est, sur près d’une lieue de parcours.Une rue interminable de petites maisons basses s’est bâtiele long des rails. Sur les locomotives de cette ligne, il y aune cloche pour avertir les passants. Le train, qui en vingtminutes conduit le voyageur à Lima , parcourt quelques rues