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L' Amérique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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AMÉRIQUE DU SUD . 433

gistrature, son gouvernement, sa diplomatie, ses finances,et il bondira si son interlocuteur européen s’avise d’émettreun avis analogue au sien. En politique, il n’aura guère deprincipes autres que l’indépendance nationale et d’autresvisées que devoir son compère au pouvoir. Il est financierhabile, mauvais industriel, agronome et mineur routinier,plus joueur que les cartes, sobre jusqu’au moment où ilpassera deux ou trois nuits dans l’orgie. Sceptique et mômelibre-penseur dans ses discours, il paraît dévot dans sespratiques; soldat à la manière des conquistadores, il estcourageux à ses heures, et toujours tant soit peu fanfaron.En fin de compte, il est parfaitement heureux à sa façon, etquoique, au fond du cœur, il déteste l’étranger, qu’il désignesous le sobriquet de gringo, il se montre bienveillant et bonenvers lui.

» . L’émigrant blanc arrive au Pérou avec l’arrière-

pensée de n’y pas rester. Devenir riche au plus vite, voilàsa seule pensée. Cette fin justifie tous les moyens, et expli-que pourquoi les immigrants ne deviennent presque jamais

agriculteurs, rarement industriels'. Les Européens et

les Nord-Américains au Pérou sont presque toujours impor-tateurs ou vendeurs en gros ou eh détail de produits euro-péens. Ces produits, fabriqués en deçà de l’Atlantique pourl’exportation, n’ont pas les qualités ordinaire s des bonnesproductions de nos manufactures; l’usage les détériore rapi-dement; l’acheteur est obligé de les remplacer à bref délai.Ainsi se ramassent les fortunes rapides que les habitantsfont dans les pays latino-américains.

».Quant aux nègres, ils ont été jetés sur ce continent

dans les circonstances les plus déplorables ; affaiblis par lessouffrances d’une traversée effectuée dans des conditions

1. M. Wiener remarque que des raisons physiologiques s'opposent égalementau travail manuel des blancs sous les tropiques. On a fait au Pérou , comme auBrésil , et dans des conditions bien plus avantageuses pour les immigrantsqu’aux Etats-Unis , l’essai du travail du blanc. Les colonies agricoles péru-viennes de Posuso et Chanchamayo, comme les colonies brésiliennes do Blu-menau, Joinville, Nouvelle-Fribourg, n’ont donné que des résultats médiocres.Le climat énervo les blancs, et ils deviennent vite incapables d’un travail ma-tériel utile.