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AMÉRIQUE DU SUD. 40!»
bords servent aussi de limites à deux faunes distinctes, etmême de nombreuses espèces d’oiseaux n’osent franchir salarge nappe d’eau pour se rendre d’une rive à l’autre.Certes, le Mississipi est un fleuve puissant, mais ce pèredes eaux devrait s’unir à huit ou dix autres aussi considé-rables que lui pour oser se mesurer avec l’Amazone * 1 .Quand on navigue dans l’estuaire de l’embouchure sur leseaux grises roulant rapidement vers l’Atlantique, on se sur-prend à demander si la mer elle-même ne doit pas son exis-tence à ce fleuve qui lui apporte incessamment l’immensetribut de ses flots.
» L’Amazone n’est pas seulement le plus grand coursd’eau de notre globe, il est également celui qui arrose lescontrées les plus fertiles et les plus riches en produits detoute espèce. L’interminable forêt qui en couvre les bordsn'offre pas de clairière; des deux côtés du fleuve, elle dresseen palissade ses troncs pressés comme des épis et droitscomme des colonnes, engloutis par la base dans une éter-nelle obscurité, tandis que le feuillage épanoui des cimess’étale avidement à la lumière. Des bateaux qui voguentau milieu du courant on ne peut distinguer aucune formeprécise dans ce rempart de végétation; pour se faire uneidée de l’immense variété des arbres et des arbustes quegonfle la sève intarissable de la nature tropicale, il fautpénétrer dans un de ces canaux tortueux qui circulent entreles ilôts des mille archipels semés sur l’Amazone. Penchésau-dessus de la rive, se succèdent les arbres les plus divers,dressant leurs panaches, déployant leurs éventails, déve-loppant leurs ombelles de feuilles, balançant au-dessus des
est connu sous le nom de barre ou de mn^caret, n’est nulle part comparable aupororoca de l’Amazone , qui se dresse en trois vagues hautes de 12 a 15 mètres,brisant et engloutissant les embarcations surprises par le flot.
1. Pendant les crues, le Mississipi débite 30 000 mètres cubes d'eau par se-conde. Au détroit d’Obidos , qui est la partie la plus étranglée de son lit, lefleuve des Amazones avait, à l'époque de la crue, une largeur de i 520 mètres,une profondeur moyenne de 76 mètres, et coulait avec une vélocité de7600 mètres par heure, il débitait donc243 875 mètres cubes par seconde, c’est-à-dire trois mille deux cent cinquante fois plus que (a Seine à létiage, et ce-pendant à Obidos il n'a pas encore reçu le Tapajoz, le Xingu, et ne s’est pasuni à l'énorme fleuve des Toeanlins, qui roule certainement autant d’eau que lepère des fleuves do l’Amcrique septentrionale. (Note de l’auteur.)