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L' Amérique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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500 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE,flots leurs guirlandes de lianes fleuries. Et que de plantesutiles dans cet immense fouillis de verdure, où l’on complejusqu’à mille espèces appartenant à la famille des papiliona-cées ! Ce sont d’abord vingt-trois sortes de palmiers, toutesbienfaisantes par la sève, l’écorce ou les fruits ; puis vien-nent le cacaoyer, le caféier, le cotonnier, l’oranger, l’arbre àpain, le manguier, le bois du Brésil , qui a donné son nom àl’empire, le rocou, le cèdre, le jacarande, le seringa, la sal-separeille. A côté de ces plantes connues de tous, il en croîtd’autre? par centaines qui ne sont pas moins utiles pourl’alimentation ou la guérison de l’homme, la constructiondes navires, la confection des meubles précieux et les in-nombrables besoins de l’industrie. »

Et pourtant ces régions fertiles sont inoccupées ; ce ma-gnifique bassin fluvial est le plus désert de l’Amérique ! Hfaut en chercher les raisons dans le climat trop souventmortel à l’Européen, dans la présence des bêtes sauvages,des reptiles et des moustiques de mille sortes qui en rendentle séjour intolérable, enfin et surtout dans l’exubérancemême de cette richesse elles violentes manifestations de lanature tropicale.

« .... Terrible par son courant de 4 à 8 kilomètres parheure, le fleuve brésilien ne l’est pas moins par l’intensitéde ses crues périodiques. Régulier dans ses allures commele Nil , il commence à croître vers le mois de février, alorsque le soleil, dans sa marche vers le nord, fond les neigesdes Andes péruviennes, et ramène au-dessus du bassin del'Amazone la zone de nuages et de pluies qui l’accompagne.Sous l’action combinée de la fonte des neiges et des pluiestorrentielles, la crue s’élève graduellement jusqu’à 12 mètresau-dessus de l’étiage ; les îles basses disparaissent, le rivageest inondé, les lagunes éparses s’unissent au fleuve et for-ment de véritables mers intérieures; les animaux cherchentun refuge au haut des arbres, et les Indiens qui habitent larive campent sur des radeaux. Vers le 8 juillet, lorsque leileuve commence à baisser, les riverains ont à lutter contrede nouveaux dangers; l’eau, rentrant dans son lit, mine endessous ses bords longtemps détrempés, les ronge lente-