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L' Amérique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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AMÉRIQUE DU SUD . 501

ment, et, tout à coup, des masses de terre de plusieurs cen-taines ou de plusieurs milliers de mètres cubes s’écroulentdans les flots, entraînant avec elles les arbres et les animaux

qu’elles portaient.Les îles mêmes sont exposées à une

destruction soudaine ; quand les rangées de troncs échouésqui leur servaient de brise-lames viennent à céder sous haviolence du courant, il suffît de quelques heures ou mêmede quelques minutes pour qu'elles, disparaissent, rongéespar le flot; on les voit fondre à vue d’œil, et les Indiens quis'y étaient installés paisiblement pour recueillir les œufs de'tortue ou sécher le produit de leur pêche, sont obligés des’enfuir précipitamment dans leurs canots pour échapper àla mort. C’est alors que passent au fil du courant ces longsradeaux de troncs entrelacés qui se nouent, se dénouent,s’accumulent autour des promontoires, s’entassent en plu-sieurs étages le long des rives. Autour de ces immensesprocessions d'arbres qui roulent et plongent lourdementsous le poids du courant, comme des monstres marins, oucomme des carènes renversées, flottent de vastes étenduesd’herbes qui font ressembler certaines parties de la surfacede l’eau à d’immenses prairies.

a . Il n’est pas jusqu’à la fécondité même des rives

qui ne soit redoutable. Les terres d’alluvion qui bordent lefleuve ont une force de production tellement exubérante,qu’elles mettent un obstacle à toute colonisation. Trop. fécond, le sol qui se couvre spontanément d’une si riche vé-gétation ne se borne pas à nourrir les germes qu’on luiconfie, il développe aussi des plantes sauvages en abondance,et les pousses d’arbres et de lianes obligent à une lutte detous les instants l’agriculteur qui veut sauver le fruit deson premier travail. On ose à peine s’aventurer dans cettenature, où les sentiers rarement pratiqués se changent enforêts, où les arbres pressés les uns contre les autres for-ment une muraille qu’il faut saper comme celle d’une forte-resse, où des fruits semblables à des boulets de canon sedétachent avec fracas, et s’enfoncent dans le sol à plusieurscentimètres de profondeur. Ainsi l’activité prodigieuse, lagrandeur des phénomènes naturels qui se manifestent dans

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