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L' Amérique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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AMÉRIQUE DU SUD . 50o

80 hectares, et dans certaines provinces à peine un habitantpar 2000 et même 3000 hectares, on s’explique facilementque le sol soit encore presque partout en l’état où Dieu l’aformé, et que la majeure partie du territoire n’ait pas encoreété explorée.

» Les grandes villes offrent un contraste frappant avecle reste du pays ; des lignes de tramways 1 2 sillonnent leursrues ; des files de becs de gaz s’allongent jusque dans lescampagnes ; des gares de chemins de fer, des édifices pu-blics, une multitude d’églises se dressent de tous côtés.Rio -de-Janeiro 3 , capitale de l’empire, peut soutenir la com-paraison avec beaucoup de villes d’Europe . Curieuse ano -malie : partout où l’action du gouvernement central se fa it

1. L’île des Serpents ou des Chèvres (das Cobras ) fait partie de l’archipel dela vaste baie de Rio-de-Janeiro , à laquelle les anciens Tamayos avaient donné lenom caractéristique de Nictherov (Eau cachée). Lorsque le chevalier de Viîle-gagnon y débarqua au seizième siècle avec les colons protestants qui y construi-sirentle fort Coligny, ri le était couverte d’une magnifique végétation à l'ombrede laquelle s'étaient multipliés des reptiles de toute espèce. C’est là qu’en 1711Duguay-Trouin établit les batteries à l’aide desquellesilbombarda Rio-de-Janeiro.L’île des Serpents , aujourd'hui peuplée de 400 habitants, est défendue par uneforteresse armée de 100 eanons, et munie d’une garnison.

2. « Le Brésil est vraiment la patrie des tramways, on les rencontre partout.» Us marchent avec une régularité parfaite, et l’on ne peut que s’incliner devant

* la façon dont est comprise l'administration. Rio d’abord, puis Buenos-Ayres etp New-York sont les trois villes du monde où l’on en voit le plus. Ces voituresj> sont attelées de fortes mules que nègres et mulâtres manœuvrent avec une re-» marquable adresse. Coquettement installées et construites, ouvertes, fermées,» pour fumeurs, pour non fumeurs, se suivant sans intervalle appréciable, elles

* roulent sur double voie partout et souvent toute la nuit. Elles devaient obtenir» un immense succès dans une ville où la chaleur et le pavé rendent la marche» pénible, et où l’habitant, naturellement mou, a horreur dé la moindre fatigue.» Aussi ces omnibus soDt-ils remplis d’échantillons de toutes les classes de laso-s ciété : on y coudoie des négresses comme des ambassadeurs. Mais que les genso économes et rangés ne s’avisent pas d’v monter si la distance n’en vaut guère» la peine, car le système adopté est le prix uniforme, quoique minime, sur tout

* le parcours, lequel embrasse parfois jusqu’à huit et dix kilomètres. Ce système8 est-il le meilleur ? Je l’ignore; mais les entrepreneurs des tramways de Rio s font de brillantes affaires ; ainsi, les actions primitives de la principale section.» émises à 500 francs, en valent aujourd’hui 2 500 et donnent un intérêt moyen8 de 168 °/o à leurs heureux, mais rares détenteurs. » (E. de Robiano, Dix-» huit mois dans l’Amérique du Sud .)

3. L’origine du nom de Rio-de-Janeiroremonte, dit-on, aux premiers Portugaisque le hasard conduisit, en 1556, dans la magnifique baie dont la capitale del'empire occupe le fond. Les navigateurs crurent qu'ils étaient à l’embouchured’un grand fleuve [rio ), etcomme on était au mois de janvier {janeiro), ils don-nèrent à la ville qu’ils fondèrent le nom de Rio-de-Janeiro . Cette appellationerronée et bizarre s’est maintenue ; bien plus, les habitants actuels de Rio donnent à tout ce qui est dans Rio le qualificatif de flnminense (fluvial). Lescitadins de Rio sont des fluminenses ; il y a le Casino flurrdnense, des compa*gnies et des sociétés fluminenses ; des entreprises, des banquets, des costumesfluminenses, etc. ; mais le fleuve est une fiction.