5(iC LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE,sentir, la vie, le mouvement, le progrès se révèlent ; surtout ce qui échappe à cette action, l’inertie native se
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« .Nous sommes arrivés au confluent du Rio Negro . ■
La rive gauche de l’Amazone (dont la largeur atteint presque -’ î ' w
deux lieues) s’interrompt pour faire place à une vaste baieformée par Injonction du fleuve et de son affluent 1 . Noustraversons cette haie, et ralliant le bord, nous remontons : ï 1 * *»pendant trois heures dans le N.-N.-O. pour atteindre labarre de la rivière et la ville qui l’avoisine.
» La lenteur avec laquelle nous avançons permet d’étu- --'y.dierle paysage dans ses moindres détails. Deux talus d’ocre ,
rouge qui se développent parallèlement jusque dans les pro-fondeurs de la perspective forment les doublet; rives duRio Xegro, large à cet endroit de près d’une lieue. Sur cestalus se dressent les plans des forêts dont le vert, assombri , .gtivipar le reflet des eaux noires, passe dans l’éloignement au ” aEibleu d’indigo et se fixe à l’horizon dans une teinte neutred’un velouté exquis. Un ciel de cobalt que ne voile aucune . d;vapeur, que ne traverse aucun nuage, étend sur le décor sasplendide coupole. - :i: "
» Rien de plus bizarre et en même temps de plus magni-
1. ■ Les Indiens disent admirablement : « la rivière vivante et la rivière» morte. » Le Solimocns vient heurter le sombre et lent courant du Rio Negro n avec une puissance tellement irrésistible, tellement vivante, que ce dernier» semble bien, à côté de lui, une chose inerte et sans ressort. A la vérité, ce mo-n ment de l’année est celui où les eaux de» deux grandes rivières commencent à» baisser, et le Rio Negro a l’air d’opposer comme une faible résistance à la force■ supérieure du fleuve; pendant un court instant, il lutte contre le flot impé-» tueux ; mais, vite subjugué et étroitement pressé contre le rivage, il continue> sa course jusqu'à une petite distance, bord à bord avec le Solimoens. 11 n’en» est point ainsi à la saison des hautes eaux ; alors l’énorme fleuve refoule l’em-
* bouchurc du Uio-Ncgro avec une telle supériorité qu’il semble que pas une
* goutte des eaux, noires comme l’encre, de la rivière, ne se mêle à l’onde jau-
* nuire de l’irrupteur ; celui-ci se jette en travers du confluent et passe en le
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