AMÉRIQUE DD SUD.
Si 1
L’esclavage et les esclaves.
L’esclavage a été aboli en principe dans l’empire du Brésilpar la loi du 28 septembre 1871; mais provisoirement, etjusqu’à l’application complète de ladite loi, cette institutionsubsiste dans toute sa rigueur. Les statistiques officielles accu-sent encore le chiffre de 1 bOOOOO esclaves, sur 11 millionsd’habitants; plus d’un esclave sur 7 habitants!
L’Angleterre attira la première l’attention du Brésil sur laquestion de l’esclavage, et conclut avec l’empire, en 1820, uneconvention pour l’abolition de la traite des nègres. La conven-tion ne fut pas observée, et les croiseurs anglais pendant plusde trente ans firent la chasse aux négriers brésiliens. Suivantles calculs du ministère des affaires étrangères de Londres , leBrésil a importé 325615 noirs en neuf ans, de 1842 à 1851 ;en 1857, un membre du Congrès de Rio-de-Janeiro, le baronde Mana, avoua devant ses collègues, sans qu’aucun songeât àprotester, que le nombre des Africains transportés au Brésil avait été jusqu’en 1851 d’environ 54 000 par an ! A cette date,le gouvernement fit voter une loi qui assimilait l’importationdes nègres à la piraterie; mais les fonctionnaires, les compa-gnies, les propriétaires, les négriers la tournèrent avec habiletéon la violèrent avec audace. Enfin, en 1871, les représentantsde la nation s’accordèrent à effacer cette honte, et le principede l’abolition de l’esclavage fut adopté à l’unanimité ; on nediscuta dans les Chambres que sur l’opportunité de l’heurechoisie. L’empereur, qui avait été l’instigateur le plus ardentde cette grande réforme, donna l’exemple en libérant tous lesesclaves appartenant à la couronne ou personnellement à lamaison du souverain.
La loi n° 2040, appelée communément au Brésil la loi duventre libre, déclare libres les enfants qui désormais naîtrontd’une femme esclave, et elle s’occupe d’assurer l’affranchisse-ment par différentes mesures, afin de hâter le plus possiblel’extinction de l’esclavage. Ainsi sont affranchis les esclavesappartenant aux successions en déshérence, et ceux qui sontdélaissés par leurs maîtres. On a créé, en outre, un fondsd’émancipation (fundo de emancipaçaô) qui dépasse déjà 10 mil-lions, mais le gouvernement hésite à l’utiliser dans la craintede troubler la sécurité des planteurs. La loi a pourvu au sortdes enfants émancipés, en obligeant les propriétaires cl esclaves