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L' Amérique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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512 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

à les garder auprès de leurs mères jusqu’à 1 âge de huit ans ;mais les propriétaires, que la loi autorise pourtant à utiliserjusqu’à la vingt et unième année le travail des enfants néslibres, comptent peu sur ce concours, n’ont aucun soin desnouveau-nés, et leur négligence coupable a pour conséquenceune effroyable mortalité. Enfin on a fondé, dans la province dePiauby, une colonie agricole, l’asile de San-Pedro de Alcantara,où l’on recueille et où l’on élève les affranchis adultes jusqu’àleur majorité. En dépit des imperfections de la loi, la questionde l’esclavage est résolue au Brésil ; dans trente ou quaranteans, l’élément servile aura disparu de l’empire, et il ne resterade cette plaie sociale qu’un souvenir de honte pour ceux qui ontsystématiquement repoussé tout projet d’émancipation, etd’honneur pour le gouvernement et le Congrès, qui ont accom-pli avec désintéressement et courage ce grand acte de justiceet d’humanité.

« Les provinces de Rio-de-Janeiro , de Minas-Geraes etde Saint-Paul possèdent le plus grand nombre d’esclaves.Les propriétaires des provinces du Nord, n’en ayant pas unaussi pressant besoin pour leurs exploitations agricoles,s’en défont de plus en plus et les rendent aux planteurs decafé, qui achètent ces travailleurs à des prix très élevés 1 .

» La journée des noirs, dans une fazenda, est longue ettrès rude ; ils vont au travail avant le lever du soleil, etn’ont généralement, dans toute la journée, qu’une heure

Le prix d'un noir varie de 3000 à 6000 francs et au-delà ; une plantationde cufé en occupe en moyenne cent cinquante ou deux cents. Le Jornai do Com-mercio , qui parait à Rio-de-Janeiro , donne chaque jour à ses lecteurs deuxgrandes pages où se trouvent pêle-mêle les offres de vente, d’achat, d’é-change pour les chevaux, les esclaves, les batteuses mécaniques, les mules, lesmeubles, etc. M. d’Ursel cite quelques annonces prises au hasard :

« A vendre dans une maison particulière deux femmes de chambre nées dansle pays, l'une de dix-neuf ans, l’autre de vingt-deux, de bonne mine, sages etsoumises, sachant blanchir, repasser et coudre parfaitement. Elles sont bonnesà tout faire. S’adresser, etc.

» A louer une nourrice très saine et douce, mulâtresse de couleur claire, ga-rantie de bonne origine; son lait est nouveau et d’excellente qualité. S’adres-ser, etc.

• A vendre une vieille üégresse, sachant bien faire la cuisine et bien laver.Rua do general Camara, 269.

» A vendre un excellent cuisinier, de bonne figure, très doux et sans vicesni défauts. Le dernier prix à offrir est deux contos (5 000 francs.)

» A vendre cinq gentils petits nègres de sept à quatorze ans, un noir et deuxnégresses pour le travail des champs, ainsi qu’une jolie mulâtresse, rua do Hoa-picio, n° 69.