AMÉRIQUE DO SUD. olo
d’expiation, et pendant de longues années, il porte, mêmeen travaillant, soit une chaîne aux pieds, soit un anneaude fer au cou. J’ai rencontré maintes fois des esclavesayant le visage couvert d’un masque de fer, prudemmentcadenassé ; cette précaution était prise dans le but de lesempêcher de manger de la terre, moyen de destructionemployé par quelques-uns d’entre eux pour'mettre lin àleur exécrable existence_
» . Cependant l’esclave ne travaille pas uniquement
sous l’action du fouet, et on le stimule aussi par la récom-pense. Souvent, lorsqu’il accomplit bien sa tâche ou qu’illa dépasse, son zèle se trouve rémunéré par une petite gra-tification pécuniaire.-Il paraît que, par un travail assidu, ilpeut arriver à un chiffre d’économies considérable, soitenviron 125000 reis, ou un peu plus de 3J0 francs par an.Mais généralement cet argent, aussitôt reçu, a disparu dansl’acquisition de cachaça (èau-de-vie de canne), ou-d’unefoule d’inutilités. Ces dépenses leur sont d’autant plusfaciles que les planteurs ont d’ordinaire dans leur fazendamême une venda, ou boutique, fournissant tout ce dont lesnoirs peuvent avoir besoin, et où, suivant sa générosité, lesmhor leur vend toute espèce de marchandises„soit aujuste prix, soit de façon à s’assurer de ce côté un certainbénéfice.
».Après avoir essayé de dépeindre l’esclavage sous
son côté rigoureux, je manquerais d’exactitude en ne disantpas aussi combien, dans beaucoup de fasendas, l’esclaveest heureux, et jouit même cl’un bien-être et d’une sécuritédont plus d’un travailleur européen serait jaloux.... Le lienexistant entre le maître et son esclave, est d’une naturebizarre et difficile à définir ; c’est peut-être un sentimentdu genre de ceux qui unissent l’un à l’autre l’homme etles animaux destinés à l’aider dans son travail, et parta-geant pour ainsi dire son existence. »
Comte Charles d’UnsEi. 1 ,
Sud-Amérique.