ol 4 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE,surveille le travail ; l’autorité passe donc du senhor à sonadministrador et de celui-ci aux feitores armés du fouettraditionnel, véritables chefs d’escouade, le plus souventesclaves eux-mêmes. La discipline est sévère et disposed’un véritable arsenal de châtiments ; les plus simples con-sistent dans la privation d’eau-de-vie et de tabac, ou dansl’application de la palmatoria, manche court,_ armé à sonextrémité d’une rondelle de bois, avec laquelle on frappesur la main que doit présenter le coupable. C’est là unecorrection légère destinée aux femmes et aux enfants. Il y aensuite la verge à plusieurs bouts plombés ; on l’applique,en nombre de coups proportionné à la faute, indistincte-ment sur le dos du coupable de l’un ou de l’autre sexe.
» Le tronco de pes est un instrument de punition des-tiné à maintenir l’esclave couché par terre, sur le dos, sansqu’il puisse remuer les jambes; à cet effet, deux ouver-tures sont pratiquées dans une planche dont la partie supé-rieure est mobile, et la partie inférieure fixée au sol.L’homme a en quelque sorte les chevilles encastrées danscet étau, et ne tarde pas à souffrir d’un engourdissementpénible qui devient de plus en plus douloureux. Le sup-plicié reste parfois dans cette position des journées et dessemaines entières, enfermé dans quelque réduit à peu prèssans air et sans lumière. En règle générale, toutefois, il estdétaché pendant le jour, et envoyé comme les autres autravail. Au nombre des fautes punies le plus sévèrement,les tentatives de fuite sont classées en première ligne.Cependant, les exemples d’esclaves fugitifs sont fréquents,quoique le sort de ces malheureux soit des plus tristes.Traqués hors de tous les lieux habités, ils n’ont d’autreressource que d’errer dans les bois, d’où ils s’échappent lanuit pour vivre misérablement de vols et de rapines. Cesfuyards s’appellent quilombos, ils sont un dangereux voi-sinage pour les gens paisibles ; parfois ils se réunissent etforment une redoutable bande de brigands, que la policehésite à affronter. Mais le vagabond finit toujours par sefaire reprendre, car la loi punit sévèrement celui qui luidonne un refuge; il entre alors dans une période cruelle