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L' Amérique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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AMÉRIQUE DU SUD . SÎ5

siècles que les conqmstadores 1 ont porté le feu clans cesmasses épaisses afin de pouvoir mieux fouiller les entraillesdu sol. Ces pics décharnés renfermaient dans leurs flancsles cailloux diaphanes qui, taillés par l’industrieuse Hol-lande, forment les plus précieuses parures des femmes. Lesruisseaux qui descendaient de ces collines roulaient dansleurs sables des pépites d’or. Tout ce pays si âpre et sitriste, c’est l’ancien Eldorado brésilien, c’est la provincecélèbre qui porte encore aujourd’hui le nom significatif deMinas-Geraes (mines générales).

».La tradition veut que, vers 1729, un certain Ber-

nardo Fonseca Lobo ait le premier soupçonné la véritablenature des pierres qu’il avait découvertes dans le Serra doFrio (montagne du froid), contrée montueuse enclavée dansla partie la plus escarpée de la province de Minas-Geraes,et qui devait bientôt devenir si célèbre sous le nom deDistrict des diamants. »

Le gouverneur de la province envoya à Lisbonne quelqueséchantillons de ces « cailloux transparents. » Les gens de lacour les firent examiner par les bijoutiers d’Amsterdam , quireconnurent en eux de vrais diamants. Un nouveau courantd’émigration se porta vers la terre promise. Les mineurs eux-mêmes désertaient les terrains aurifères pour aller « cueillirdu brillant ». Mais le roi de Portugal déclara les diamants pro-priété de la couronne, et limita l’exploitation confiée à unecompagnie privilégiée 2 . La contrebande fut punie des peines les

1. Ce nom de conquérants a été donné aux chefs des expéditions dirigées parles Espagnols dans le Nouveau-Monde après la découverte de Colomb. Cortez,Balboa ; Pizarre, Aimagro, Orellana furent les plus fameux de ces aventuriersqui ouvrirent à l’avidité castillane les mystérieux et merveilleux pays de l’or[eldorado'^.

2. De 1730 à 1739, le roi du Portugal concéda le droit d’exploitation moyen-nant une capitation payée d’après le nombre de travailleurs employés. De 1739a 1772, les gisements furent livrés à de véritables fermiers généraux qui pourla plupart y gagnèrent des fortunes royales. L’un d'eux, Francisco Fernandezd’Oiiveira, après avoir restitué a Pombal onze millions, laissa à ses héritiersplusieurs quartiers de Lisbonne et de Rio-Janeiro , et plus de vingt fermes im-menses au Brésil. De 1772 à 1793, le roi du Portugal fit exploiter les terrainspour son propre compte. Le gouvernement brésilien a conservé à peu près lesmêmes règlements. M. Gorceix estime que de 1772 à 1793, le trésor royal reçut877 817 carats, soit 58 000 environ par an. Il faut compter au moines autant pourle vol et la contrebande. La production annuelle en chiffre ropd aurait donc étéde 80 000 carats.