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L' Amérique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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534 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

topographe. La commission trouva le pays épuisé par la guerre,le gouvernement sans ressources, incapable de tenir les enga-gements souscrits. M. Keith Johnston n’en poursuivit pasmoins ses recherches, et explora le pays pendant toute uneannée. Il a publié le résultat de ses travaux dans le journalanglais VAcademy (1875). U Explorateur (n° du b août 18" 5)en a donné une version française, d’où noos extrayons le pas-sage suivant :

« Nous trouvâmes le Paraguay couvert de ruines et» en banqueroute ; l’abaissement matériel et moral y avait» atteint un degré qu’on a peine à s’imaginer. Avant l’arrivée» des Brésiliens, qui maintenant gouvernent de fait ce pays,» et sont venus pour sauver de leurs propres fureurs les» débris des Paraguayens, il était impossible de dépasser les» rues ruinées d’Assomption. Le Brésil semble tenir le Para-» guay dans une indépendance nominale et vouloir s’en» servir comme d’un boulevard entre l’empire et la répu-n blique Argentine ; mais il amoncelle sur ce pays une» charge de dettes et d’obligations dont le Paraguay ne» pourra jamais se libérer ; forte de trois à quatre mille» hommes, la garnison brésilienne à Assomption est bien» suffisante pour empêcher le pays d’être jamais d’un avis» contraire à celui du Brésil . »

Après avoir perdu l’espoir de trouver chez le gouverne-ment l’appui qu’il en attendait, Johnston, désireux cepen-dant d’étudier une partie de la contrée, se décida à faireun voyage rapide dans la direction du sud, au milieu desimmenses plaines abandonnées des Missions, vers le Paranaqu’il atteignit près d’Ytapua. Les églises massives et sem-blables à des granges, les murs quadrangulaires des écolesvides, et les rangées de maisons sans portes des anciensétablissements des Jésuites , voilà les seuls vestiges delàrécente prospérité de cette partie du Paraguay . Quant auxfermes moins solidement construites au moment où éclatala guerre, elles sont tombées en ruines : des bosquetsd’orangers couverts de fruits mûrs, que personne ne cueille,en indiquent seuls l’emplacement. Dans quelques huttes de