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L' Amérique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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550 lectures et analyses de géographie.lag-e est à demeure encombrée d’une espèce de foire perma-nente, d’un aspect des plus misérables. Les boutiques secomposent de quatre roseaux supportant une pièce d’étoffede la dimension d’un mouchoir de poche, qui sert de tente;elles sont remarquables par le nombre des vendeurs et lepeu de marchandises à vendre. J’en note une où le mou-choir traditionnel abrite six œufs. Une femme et quatreenfants sont assis ou vautrés à l’entour; deux autresfemmes et trois enfants font cercle autour de l’autre bou-tique, dont l’approvisionnement consiste en une douzainede beaux épis de maïs.

» Sur les soixante maisons dignes de ce nom qui com-posent le bourg de Paraguari , douze sont des tiendas,magasins où l’on vend au détail des cotonnades anglaises,des genièvres de Hambourg , etc., en échange de produitsdu pays, tels que cuirs, tabac, maté, etc. Deux autresmaisons sont consacrées au jeu ; il s’y joue tous les soirsdes parties effrénées, car le Paraguayen est joueur au-delàde toute expression. Il n’est pas rare que ces gens risquentdes enjeux de 500 ou de 1000 francs sur un coup de dé.C’est souvent plus que tout ce qu’ils possèdent. Le perdantrécrimine, le gagnant insiste, et bien souvent un coup decouteau vient appuyer les arguments du plus fort. Pourtantces scènes seraient extrêmement rares s’il n’y avait quedes Paraguayens dans ces maisons de jeu, car ils ne sontnullement sanguinaires ; mais ces tripots sont hantés aussipar nombre d’aventuriers italiens, argentins et brésiliens.Le soir venu, le revolver à la ceinture, je fais un tour dansle village avec un Suisse qui doit m’accompagner dans monexcursion. Toutes les tiendas sont éclairées, les autresmaisons sont plongées dans l’obscurité. Nous allons voirles salons de jeu ; ce sont d’immondes bouges où, sous lalumière d’une lampe à pétrole, des physionomies patibu-

» leur désignant un meuble ; et pendant que les malfaiteurs s'efforcent de» l’ouvrir, elle s’arme d'un revolver et les tue. La courageuse enfant s’élance» au dehors, court chez l’alcade : il était absent; elle court chez le juge : il

* était absent. Attirés par ses cris, les habitants la suivent; on arrive au» ranch'o. « L’alcade, lui dit-on, le juge, les voilai » C’étaient les deux as-

• sassins. * *