SCO
LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
NOTIONS HISTORIQUES.
Juan Diaz de Solis fut le premier européen qui découvrit le Rio de laPlata. Placé à la tête des entreprises maritimes de l’Espagne , en qualitéde piloto mayor , après la mort du célèbre Amerigo Vespucci , il reçu eu1514, la mission de rechercher, au sud de l’Amérique , un passage versl'ouest. La découverte de l’océan Pacifique par Nunez de Balboa 1513)avait démontré l’existence d’une mer occidentale ouverte. Solis longeala côte du Brésil , atteignit les îles de los Lobos et le golfe de Maldonadoet s’arrêta à i’embouchure du Rio de la Plata . À son aspect troublé et àson goût il reconnut que cette eau n’appartenait plus à l’Océan, et il laidonna le nom de Mar Bulce (mer douce). 11 s’engagea dans le vaste estuaire,aperçut sur la rive des huttes, puis des indigènes. Ceux-ci étaient desCharnias sauvages ; à l’approche du navire, ils brandirent leurs armes d’uu
bâtiment principal de l’estancia, résidence du maître, est quelquefois annexéeune pulperia (boutique), où se vendent les denrées et objets de première utilité.Le corral (pluriel corrales ) est une grande enceinte entourée de pieux solides,enfoncés dans le sol, tout près les uns des autres; on y enferme le bétail, lesvolailles. Les troupeaux sont gouvernés par les peones (valets de ferme), tou-jours à cheval. Les uns,— ce sont les mieux payés, —faisant leur servicesur des potros (chevaux neufs, poulains non dressés), les autres sur desmansos (chevaux maniables). Ils sont surveillés par les contre-maîtres ( capataz },et les capataz par le mojordomo (majordome). L’ensemble des proues forme lapeonada. Quant au gaucho , c'est le bandit de la Plata, l’homme errant etvagabond qui vit sans rien faire, et ne possède que son cheval et ses vête-ments; il est presque toujours en guerre avec la justice pour ses rapines, sesviolences ou ses meurtres. On désigne donc improprement les peones sous lenom de gauchos. Le novilio est le bœuf de travail dompté; le dompteur ( dom -ador ), est armé des bolas , trois boules en pierre, en bois, ou en plomb,attachées ensemble par une courroie de cuir; et il lance le lazo , long de10 mètres, et composé d’une corde de deux cuirs bien tressés et terminéspar un anneau de fer pour saisir le bœuf et le cheval enchaîné par le nœudcoulant. Le lanceur {enlazador ), le manieur de bolas ( boîcador ) conduisent lesanimaux dans les mataderos (abattoirs des villes) ou dans les saladeros. Lesaiadero est l’usine où i’on abat le bétail en masse, où l’on sale les peaux et laviande, où l’on recueille la graisse, les os, le crin et tous les autres produitsanimaux pour l’exportation. Jadis, après les tueries ( matanzas ), on abandonnaitles cadavres dans 1a plaine et on se contentait d’enlever le cuir. Quand lesdesoUadores (écorcheurs) ont dépouillé les animaux, on fait sécher la viandedans le tendal (enclos) sur des perches horizontales, où elle est étendue. Lesbarracas sont de grandes, cours, entourées de murs, où s’élèvent des hangarset magasins propres à renfermer les cuirs secs, les laines, les crins, etc., qu’ony met en dépôt sous la garde du barraguero. Les cuirs secs et les viandesportant la marque de leur propriétaire sont examinés par les agents de l’au-torité postés dans les tab ! adas , bureaux de vérification établis en plein air àune certaine distance des villes; et le charretier reçoit un bulletin (guia) quilui sert de laisser-passer. Souvent les achats se font dans les tabîadas, et unexpert (le comprador de gitanado , acheteur de bétail) y sert d’intermédiaire entreles estancieros (patrons des estancias) et les directeurs des saladeros. Leponcho, fait de laine de guanaque, est le vêtement principal du gaucho; lepal en que est la barricade où on attache le cheval; une troupe de jumentsdressées est une manada, la jument qui dirige les autres est la madrina (mar-raine); quand on part en voyage, les chevaux de relais qu’on enmène formentla tropilia. Faire le rodeo, c’est assembler les diverses troupes d’animaux en unseul point, a dis époques déterminées. Cet assemblage se fait dans aa espaceclos, nommé mangueira.