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L' Amérique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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AMÉRIQUE DU SUD . 56)

air menaçant. Solis se méprit sur le sens de ces signes, et crut y voir uneinvitation de débarquer. Il passa dans un cauot avec quelques matelots etdescendit sur le rivage. Les Indiens cachés dans un fourré les percèrentde leurs fléchés, leur coupèrent la tête et mutilèrent leurs cadavres. Lenavire de Solis lit feu sur les indigènes et les mit en fuite, mais quitta leneuve et regagna l'Espagne .

Une deuxième expédition dirigée par Diegô Garcia et Sébastien Cabot passé au service de l’Espagne (1527-1530), essaya vainement de fonderun établissement à Espiritu-Santo , sur un bras du Pavana. Les Indiens ledétruisirent. — Une troisième, sous la conduite de don Pedro de Mendoza (1535-1537), livra de furieux combats aux Quérandis, et coûta la vie à2000 Européens et au chef de la mission. Ayolas fonda en 1536 la pre-mière colonie espagnole au Paraguay , et Irala en fut le premier gouver-neur. Durant la période qui suit, s’élevèrent successivement Santa-Mariade Guenos-Avres, Santiago de) Estero (1553), Tucuman (1565), Cordoba(1573), Salto (1582), Rioja et Jujuy (1592). En 1810, le peuple argentin abolit la vice-royauté espagnole et proclama son indépendance; les vic-toires du général Sau-Martiu l’affirmèrent. Une guerre civile, provoquéepar les ambitions rivales des généraux argentins , ensanglanta pendantquinze ans la péninsule; l'anarchie aboutit au despotisme de Rosas qui futrenversé, après dix-sept ans d’une dictature sanguinaire 1 , par Urquiza(1852). Celui-ci convoqua une assemblée nationale qui dota le pays d’uneconstitution libérale et proclama la liberté de navigation dans les eauxargentines pour tous les pavillons. Sous les présidences du général Mitre,de don Fauslino Sarmiento, du docteur Aveltaneda, malgré de nouveauxtroubles, le république n’a pas cessé de progresser.

2» EXTRAITS ET ANALYSES

Traversée de la Cordillère des Andes .

Si haute et si large que soit la barrière des Andes , il estmoins difficile de la franchir qu’on ne croit, et de nombreuxpassages à travers les chaînes mettent en communication leChili, la Bolivie et les provinces argentines. M. Martin deMoussy n’en cite pas moins de trente-deux plus ou moins con-nues, sans parler de ceux qui restent encore un secret parmi lesmuletiers et les contrebandiers des Andes . Les principaux sont

i. Rosas, né en 1793, élevé an milieu des gauchos, passa sa vie a clieval etles armes .à la main. Ce hardi chef de bandes osa tenir tète aux cabinets deFrance et d’Angleterre, et fut aussi habile dans sa politique extérieure queféroce dans ses procédés de gouvernement. Il fit périr, dit-on, plus de vingt-deuxmille personnes, poussa l'orgueil jusqu'à faire donner son nom à un mois del’année et exigea que ies habitants de Buenos-Ayros saluassent son portrait.Un jour, sa fille Manuclita ayant été raillée par quelques dames de la ville, illes força à s’atteler à une voiture, où sa fille monta, et il la fit ainsi traîner atravers les principales rues de la capitale.