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L' Amérique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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AMÉRIQUE DU SUD . 567

» Un phénomène fort curieux, mais jusqu’à présentinexplicable, se présente dans quelques vallées et passagesdes Cordillères, c’est un tremblement, dit tembladera, quiattaque les animaux qui passent la nuit dans certainsendroits, et auquel ils succombent si on ne se bâte de lesen retirer. Nous en avons fait, bien malgré nous, l’expé-rience à la cuesta del Obispo , au bout de la quebrada delEscoipe, dans la province de Salta, et près de la cuesta dela Negnlla dans la province de Catamarca , au voisinage desmines de cuivre de l’Atajo. Le même phénomène se présenteencore à Vlnfermllo à l’entrée de la vallée de Ta fi, dans lasierra d’Aconquija. Cette maladie attaque surtout les ani-maux un peu fatigués qui s’arrêtent, une nuit ou mêmequelques heures seulement, dans ces localités. Ce n’estpoint la nature du pâturage qui produit cet accident, car lesmules attachées à une pierre ou à un piquet sur un sol toutà fait nu en sont aussi bien attaquées que celles qui paissentdans la vallée. Les hommes n’éprouvent absolument rien,quoiqu’ils dorment dans le même endroit. Les gens du paysl’attribuent aux exhalaisons du sol, aux antimoniales , à cequ’ils disent, entendant par là des sels métalliques dont lesol serait imprégné. De quelle nature sont ces émanations?

nous l’ignorons complètement.

» En résumé, les passages des Andes sont donc plus fati-gants parleur longueur que par leurs difficultés matérielles;et il n’y a réellement point de danger quand on les passedans la bonne saison et avec les précautions voulues. Mal-heureusement quelques personnes, même habituées à cesvoyages, deviennent trop hardies, et se hasardant dans descirconstances défavorables, succombent au froid. Lorsqu’unecaravane est assaillie par l’ouragan sur les plateaux, et qu’onn’a pas le temps de gagner quelque quebrada , quelqueroche voisine, ce qui arrive presque toujours, car la neigetourbillonne avec tant de violence qu’en un instant tous lessentiers sont effacés, on s’arrête immédiatement ; on empileles charges de manière à former un rempart contre le vent,et on y attache les animaux. Enveloppés de leur mieux, lesvoyageurs attendent la fin de la tempête ; mais la position