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L' Amérique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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590 lectures et analyses de géographie.faisait étinceler sur le premier une croix, c’était l’église ;un caducée surmontait le second, c’était la douane.

» .C’est au Puerto que la ville se montre sous un des

plus étranges et des plus sinistres aspects. Entre les troiscerros 1 s’étendent des ravins nommés quebradas . Rienn’est plus misérable que les habitations entassées dans cesquebradas , rides profondes de la montagne, où fermententtoutes sortes de débris impurs. Les maisons, basses ethideuses, collées par un côté au sol, soutenues de l’autrepar des pieux disposés en béquilles, grimpent désordonnées,sans souci du voisinage. Ici une porte s’ouvre sur un toit ;une cheminée vomit des torrents de fumée noire dans unefenêtre ouverte; là, des cordes tendues supportent deshaillons, d’affreuses guenilles; enfin des sentiers tortueux,rompus et seulement indiqués par l’usage, quelques planchesétroites et vacillantes conduisent à certains bouges où leschauves-souris et les lazzaroni de Valparaiso peuvent seulspénétrer la nuit.

» .Parmi les cerros qui s’élèvent dans le Puerto,

deux méritent surtout de nous arrêter. Tous deux sont cou-verts de fleurs et d’habitations silencieuses. Une société àpart vit sur le premier qu’on nomme le Cerro alegre ; lesecond, nécropole de Valparaiso , s’appelle le Panthéon.A peine a-t-on fait dix pas sur le Cerro alegre qu’on recon-naît aux maisons coquettement peintes, aux parterres em-baumés, aux sentiers bordés de verdure, cet amour del’ordre et du confortable qui distingue partout les enfantsd’Albion. Ici des habitations assez basses pour braver lescoups de vent, assez solides pour résister aux tremblementsde terre, recèlent un certain nombre de familles qui ont enquelque sorte transplanté la patrie sur le sol de l’Amérique .Ces familles trouvent en elles-mêmes assez de ressourcespour former des réunions où les étrangers sont rarement

t. La ville se divise en deux parties; l’une qui couvre une plaine appelé l’.4Z-mendral (lieu des amandiers); l’autre, qui borde la rade du commerce et s’élèveen amphithéâtre sur trois cerros, se nomme el Puerto. La hauteur inégale destrois cerros les a fait baptiser de noms anglais qui signifient hune de misaine,grande hune et hune d’artimon. Les Chiliens les appellent S an-Francisco, San-Augustin, Sa?i-Antonio.